Publié le 30 novembre 2023 17h10. Hector Villalobos, ancien otage du groupe terroriste Chavín de Huántar, revient sur les quatre mois d’enfer qu’il a vécus et souligne le rôle crucial du président Fujimori dans son sauvetage, tout en dressant un tableau préoccupant de la situation politique actuelle en Amérique latine.
- L’ancien otage témoigne du stress constant auquel il a été soumis, craignant pour sa vie dès le premier jour de sa captivité.
- Il attribue son salut au courage du président Fujimori, qui a autorisé et supervisé l’opération de sauvetage, prenant des risques considérables.
- Villalobos alerte sur la fragmentation politique du continent latino-américain et l’émergence de mouvements néo-marxistes.
Hector Villalobos se souvient avec émotion de la photo de sa famille, Lucila et ses fils, qu’il a gardée sur lui pendant toute la durée de sa captivité. Ce souvenir lui a donné la force de survivre aux quatre mois d’enfer passés entre les mains des terroristes de Chavín de Huántar. Il évoque le stress intense et le soutien moral apporté par sa famille et la Croix-Rouge.
Interrogé sur le rôle du président Fujimori dans son sauvetage, Villalobos est catégorique : « Nous tous, otages, devons la vie au président Fujimori, car il donne le feu vert à la planification de l’opération et participe à sa conception. » Il souligne le courage de Fujimori, qui a pris un risque énorme en autorisant l’opération, sachant que son gouvernement pouvait s’effondrer en cas d’échec. Il révèle également que le président s’était rendu à Cuba pour proposer l’asile aux terroristes, une lettre lui ayant été présentée par Néstor Cerpa Cartolini.
« Nous tous, otages, devons la vie au président Fujimori, car il donne le feu vert à la planification de l’opération et participe à sa conception. »
Hector Villalobos, ancien otage de Chavín de Huántar
Selon Villalobos, la lettre de Fujimori proposait l’asile à Cuba sans exiger de reddition ou de désarmement, une stratégie motivée par l’égocentrisme de Fidel Castro. Cependant, la découverte du tunnel par les médias a radicalement changé la donne, plongeant les terroristes dans une crise de confiance.
Il raconte comment les terroristes l’ont poussé et jeté au sol pour lui faire entendre le bruit du tunnel, mais il n’a rien perçu. À partir de ce moment, leur vie était en danger imminent. Il se souvient également d’avoir été touché par des éclats d’obus lors de l’opération de sauvetage, conservant encore aujourd’hui quatorze fragments dans son corps. Il a également reçu trois balles, dont une qui a frôlé sa tête.
Villalobos insiste sur le rôle fondamental de l’amiral Giampietri dans le succès de l’opération. « Giampietri a été fondamental. C’est sa pertinence et sa formation qui ont permis d’établir une communication avec le monde extérieur et, plus tard, d’établir un mécanisme de régulation des terroristes. » Il souligne que Giampietri communiquait en permanence les informations sur les mouvements des terroristes pendant toute la durée de la captivité.
Il critique également la manière dont l’amiral Giampietri et l’archevêque Cipriani sont dépeints dans le film « Chavín de Huántar : le sauvetage du siècle », estimant que leur rôle a été minimisé. Il rappelle que Monseigneur Cipriani s’est battu pour que tous les otages et les terroristes soient libérés en vie, et a continué les négociations pour un éventuel asile à Cuba lorsque les pourparlers avec le gouvernement étaient au point mort.
Villalobos se souvient de l’explosion qui a marqué le début de l’assaut, se tenant derrière un pilier près de la salle de bain. Il décrit un moment de paralysie et de confusion, voyant deux personnes assises devant lui et leur faisant signe de partir. Il révèle qu’un des terroristes, surnommé « Coné », était chargé de l’éliminer et qu’il l’accompagnait constamment pendant sa captivité.
Il évoque également la mort du juge Carlos Giusti et du commandant Valer lors de l’opération, apprenant le décès de Giusti dans le jardin après avoir été touché au péroné. Il attribue sa survie à sa formation pré-militaire et à sa capacité à réagir rapidement.
Enfin, Villalobos se penche sur la situation politique actuelle en Amérique latine, dénonçant la fragmentation du continent depuis l’arrivée de Hugo Chávez au Venezuela en 1999 et l’émergence de mouvements néo-marxistes. Il évoque la création de l’Unasur et le financement de la gauche par le Venezuela, ainsi que la division actuelle autour du Forum de Sao Paulo. Il souligne le triomphe de la droite au Chili comme un signe de changement idéologique.
Concernant la situation de Betssy Chávez, hébergée à l’ambassade du Mexique, Villalobos explique que l’impasse est due à la Convention sur l’asile diplomatique de 1954, qui ne clarifie pas la définition de l’asile. Il estime que Chávez devra finalement bénéficier d’un passage sûr. Il critique également l’utilisation abusive de la figure de l’asile par des personnalités politiques péruviennes.
Il conclut en soulignant que le problème du Pérou n’est pas Jerí, mais la désinstitutionnalisation du pays, avec des niveaux de corruption et d’inefficacité dans le système judiciaire et les forces de sécurité. Il alerte sur la crise institutionnelle et l’impact de l’immigration massive, notamment la présence d’organisations criminelles comme le Tren de Aragua.
