Publié le 8 février 2024 10h30. La Commission européenne renforce sa surveillance des entreprises chinoises, lançant des enquêtes et adoptant de nouvelles règles sur les investissements étrangers, alors que les États membres affichent des approches divergentes face à Pékin.
- La Commission européenne a ouvert des enquêtes sur le géant du commerce en ligne Temu et le fabricant d’équipements de sécurité Nuctech, soupçonnés de bénéficier de subventions déloyales.
- De nouvelles règles obligent désormais le contrôle des investissements entrants dans des secteurs stratégiques tels que l’intelligence artificielle, l’informatique quantique et les semi-conducteurs.
- Ces mesures, bien que ne visant pas directement la Chine, font suite à une inquiétude croissante concernant les acquisitions d’actifs européens par des entreprises chinoises.
L’Union européenne intensifie sa pression sur les entreprises chinoises en finissant l’année avec une série d’actions visant à réduire les risques économiques. Mercredi et jeudi, des enquêtes ont été lancées au titre de la réglementation sur les subventions étrangères, ciblant respectivement le détaillant en ligne Temu et Nuctech, un fabricant d’équipements de numérisation utilisés dans les aéroports.
Le siège de Temu à Dublin a été perquisitionné par des enquêteurs européens à la recherche de preuves de subventions qui pourraient fausser le marché unique de l’UE. Cette action fait écho à une opération similaire menée l’année dernière dans les bureaux européens de Nuctech. Jeudi, la Commission a annoncé l’approfondissement de son enquête sur Nuctech.
Parallèlement, les négociateurs du Conseil européen – représentant les 27 États membres – et du Parlement européen sont parvenus à un accord jeudi matin sur de nouvelles règles visant à contrôler plus strictement les investissements étrangers dans les secteurs à double usage ou militaires. Bien que la Chine ne soit pas nommément citée dans le texte législatif, son acquisition d’actifs européens importants a été un facteur déterminant dans l’adoption de ces premières mesures de filtrage.
Ces nouvelles règles, qui entreront en vigueur dans 18 mois, obligeront à examiner les offres étrangères pour les entreprises actives dans des technologies sensibles comme l’intelligence artificielle (IA), l’informatique quantique et les semi-conducteurs, ainsi que dans les domaines critiques des matières premières et des infrastructures. Les offres émanant de filiales locales d’acheteurs étrangers seront également soumises à un examen approfondi.
