Publié le 19 décembre 2025 à 20h45. Des contacts entre des responsables de l’AfD et des élus républicains américains suscitent des inquiétudes en Allemagne, tandis que le secrétaire d’État américain Marco Rubio minimise l’importance de ces échanges, les justifiant par la nécessité de comprendre l’ensemble du paysage politique étranger.
- Au moins 18 représentants de l’Alternative für Deutschland (AfD) se sont récemment rendus aux États-Unis pour des rencontres avec des partenaires américains.
- Marco Rubio, secrétaire d’État américain, a défendu ces contacts comme faisant partie intégrante du travail de son ministère.
- Ces voyages et ces liens avec des personnalités républicaines sont vivement critiqués en Allemagne, notamment par les partis de gauche.
Le voyage aux États-Unis d’une délégation importante de l’AfD a ravivé les débats sur les liens entre le parti d’extrême droite allemand et des figures influentes du Parti républicain américain. Au moins 18 responsables politiques de l’AfD, dont Markus Frohnmaier, vice-président du groupe parlementaire et porte-parole pour la politique étrangère, ont effectué ce déplacement, apparemment dans le but de nouer des relations et de mener des négociations politiques. Frohnmaier a notamment été reçu par Sarah Rogers, secrétaire d’État à la diplomatie publique au sein du département d’État américain, dirigé par Marco Rubio.
Interrogé sur ces contacts, Marco Rubio a cherché à minimiser leur portée politique. Il a expliqué que son ministère s’efforce de comprendre “l’ensemble du spectre politique” des différents pays et qu’il est essentiel d’informer l’administration du président Donald Trump sur les forces en présence.
« Comprendre l’ensemble du spectre politique est une partie de notre travail, et il est important que l’administration soit informée. »
Marco Rubio, secrétaire d’État américain
Il a toutefois précisé que ces rencontres ne signifiaient pas un soutien automatique de Washington aux candidats de l’AfD en cas d’élections, mais qu’il serait utile de se renseigner sur eux si jamais ils parvenaient au pouvoir.
En Allemagne, cette offensive diplomatique de l’AfD a provoqué une levée de boucliers. Eva von Angern, cheffe du groupe parlementaire de gauche, a dénoncé un “abus de l’argent des contribuables”, estimant que l’AfD cherchait à cultiver des réseaux internationaux “qui nuisent à notre démocratie”. Elle a également soulevé la question du financement de ce voyage, qui pourrait être en partie assuré par les fonds alloués aux groupes parlementaires.
Ce rapprochement entre les républicains de Donald Trump et les partis populistes de droite en Europe n’est pas nouveau. La nouvelle stratégie de sécurité américaine, dévoilée début décembre, met d’ailleurs en avant l’établissement de tels contacts comme un axe majeur de la politique européenne de Washington. Le vice-président JD Vance et plusieurs membres républicains du Congrès ont publiquement affiché leur sympathie envers l’AfD. Les liens entre les républicains américains et les mouvements d’extrême droite européens se renforcent donc, suscitant des inquiétudes quant à l’influence de ces réseaux transnationaux.
Suite à la classification provisoire de l’AfD comme “certainement extrémiste de droite” par l’Office fédéral pour la protection de la Constitution en mai dernier, Marco Rubio avait accusé l’Allemagne de pratiquer une “tyrannie déguisée”. L’AfD a d’ailleurs annoncé son intention d’inviter des représentants du gouvernement américain à un congrès qu’elle organisera à Berlin prochainement. Plus d’informations sur le voyage de Markus Frohnmaier.
