Publié le 2024-02-29 10:32:00. Une nouvelle étude révèle qu’un métabolite naturellement présent dans l’organisme, l’alpha-cétoglutarate de calcium, pourrait aider à restaurer les fonctions cérébrales altérées par la maladie d’Alzheimer, ouvrant la voie à de potentielles stratégies thérapeutiques plus accessibles.
- Plus de 55 millions de personnes dans le monde sont actuellement touchées par la maladie d’Alzheimer, une maladie cérébrale irréversible affectant la mémoire et les capacités cognitives.
- Des recherches récentes suggèrent que l’alpha-cétoglutarate de calcium (CaAKG) pourrait améliorer la plasticité synaptique, essentielle à l’apprentissage et à la formation de la mémoire.
- Cette découverte pourrait conduire à des approches thérapeutiques complémentaires pour ralentir la perte de mémoire et favoriser un vieillissement cérébral sain.
La maladie d’Alzheimer, une affection neurodégénérative progressive, représente la cause la plus fréquente de démence, touchant environ 70 % des cas selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS). On estime que plus de 55 millions de personnes vivent actuellement avec cette maladie à travers le monde, et les projections indiquent que ce chiffre pourrait dépasser les 153 millions d’ici 2050. Face à cette crise sanitaire grandissante, la recherche de stratégies de prévention et de traitements efficaces est devenue une priorité.
Une étude récemment publiée dans la revue Cellule vieillissante a mis en lumière le potentiel de l’alpha-cétoglutarate de calcium (CaAKG), un métabolite produit naturellement par le corps humain. Les chercheurs de l’École de médecine Yong Loo Lin de l’Université nationale de Singapour ont démontré que le CaAKG pourrait restaurer la fonctionnalité des processus neuronaux clés perturbés chez les patients atteints de la maladie d’Alzheimer.
Selon l’étude, le CaAKG agit en restaurant la plasticité synaptique, un processus essentiel à l’apprentissage et à la formation de la mémoire, qui est gravement affecté par la maladie d’Alzheimer. Il permettrait également de récupérer la mémoire associative, l’une des premières capacités à se détériorer, et d’améliorer l’autophagie, le système naturel d’élimination des protéines nocives dans les cellules.
« La recherche suggère que des composés sûrs et naturels comme le CaAKG pourraient compléter un jour les approches existantes pour protéger le cerveau et ralentir la perte de mémoire. »
Brian K. Kennedy, département de biochimie et président du programme de recherche translationnelle sur la longévité en bonne santé (TRP)
Les chercheurs soulignent que les niveaux d’AKG diminuent naturellement avec l’âge, et que le remplacement de ce métabolite pourrait constituer une approche moins risquée et plus accessible pour favoriser un vieillissement cérébral sain. Le CaAKG favoriserait le renforcement des connexions entre les neurones en activant les canaux calciques de type L et les récepteurs AMPA, tout en empêchant la surcharge des récepteurs NMDA, souvent affectée par l’accumulation de protéine amyloïde, une caractéristique de la maladie d’Alzheimer.
Cette étude propose une nouvelle orientation pour le développement de thérapies contre les maladies neurodégénératives, en se concentrant sur la biologie du vieillissement plutôt que sur les symptômes cliniques individuels.
« Notre objectif était de déterminer si un composé initialement exploré pour prolonger la durée de vie en bonne santé pourrait être utile pour la maladie d’Alzheimer. »
Sheeja Navakkode, chercheur scientifique du TRP Healthy Longevity chez NUS Medicine
Comprendre comment le CaAKG favorise la flexibilité des connexions neuronales ouvre de nouvelles perspectives pour protéger la mémoire et retarder le processus de vieillissement du cerveau.
