Publié le 6 novembre 2025. Le Conseil exécutif de l’Université Gadjah Mada (UGM) a fermement condamné le procès intenté par le ministre indonésien de l’Agriculture, Amran Sulaiman, contre le média Tempo, une action perçue comme une atteinte à la liberté de la presse et un retour aux pratiques répressives.
- Le BEM KM UGM dénonce une action en justice d’un montant de 200 milliards de roupies indonésiennes (environ 12,3 millions d’euros) comme une tentative d’intimidation.
- Des manifestations de soutien à Tempo ont rassemblé des journalistes, des organisations de défense des droits et des membres de la société civile.
- Le BEM KM UGM affirme avoir subi des tentatives de censure et des pressions lors de la préparation d’un symposium critique envers le gouvernement.
La plainte du ministre Sulaiman fait suite à la publication d’un article et d’une illustration sur les pratiques de l’Agence Nationale de Logistique (Bulog) concernant le riz, intitulés « Polissage du riz pourri » et « Les risques de Bulog après avoir établi un record de réserves de riz tout au long de l’histoire ». Tempo a initialement suivi la procédure de règlement des litiges auprès du Conseil de presse, conformément à la loi indonésienne sur la presse (loi n° 40 de 1999).
Tiyo Ardianto, président du BEM KM UGM, a qualifié cette action en justice d’« imprudente » et de « trahison de la réforme », estimant qu’elle ne relève pas d’une démarche juridique légitime mais d’une tentative de museler la presse. Il a déclaré :
« Cela reflète la nature anticritique du pouvoir et une allergie à la démocratie. »
Tiyo Ardianto, président du BEM KM UGM
Le BEM KM UGM a exprimé sa solidarité avec Tempo et tous les journalistes qui osent exercer leur métier dans un contexte qu’il décrit comme un retour à un régime autoritaire, rappelant l’Ordre Nouveau. Asa Qurrota Aina, vice-présidente de la Division du mouvement du BEM KM UGM, a partagé sur Instagram une affiche dénonçant l’action en justice : « Poursuivre pour 200 milliards de roupies = médias en faillite = nouveau style de répression. #savetempo ». Le compte Instagram du BEM KM UGM a également relayé des images de la manifestation de soutien à Tempo qui s’est tenue le 3 novembre devant le tribunal du district sud de Jakarta, impliquant l’Alliance des journalistes indépendants d’Indonésie (AJI Jakarta), le Comité pour la sécurité des journalistes indonésiens, Amnesty International et des représentants de la société civile.
Parallèlement à ces actions de soutien public, le BEM KM UGM a rapporté avoir été victime de cyberattaques et avoir reçu des propositions inattendues de politiciens souhaitant intervenir lors de leur symposium national « Préparer la révolution ». Tiyo Ardianto a précisé que l’événement, qui avait réuni des universitaires et des militants pour évaluer la première année du gouvernement Prabowo Subianto et Gibran Rakabuming, avait été préparé avec prudence, notamment en évitant de divulguer l’adresse du lieu avant l’événement. Le BEM KM UGM a diffusé un podcast sur YouTube intitulé « Amran Sulaiman poursuit Tempo pour 200 milliards de roupies » avant que l’affiche du symposium ne disparaisse des réseaux sociaux, obligeant le comité organisateur à la republier via un compte dédié.
Le BEM KM UGM reste vigilant face à ces pressions et réaffirme son engagement en faveur de la liberté de la presse et de la démocratie en Indonésie.
