Publié le 19 décembre 2025 à 15h36. L’année 2025 a été marquée par des bouleversements politiques majeurs au Canada, notamment la démission de Justin Trudeau, l’arrivée au pouvoir d’un gouvernement minoritaire et des avancées significatives, mais contestées, concernant les droits des peuples autochtones.
- La démission surprise de Justin Trudeau en début d’année a conduit à la formation d’un gouvernement minoritaire libéral dirigé par Mark Carney.
- Mandy Gull-Masty a été nommée première ministre autochtone des Services aux Autochtones Canada, une première historique.
- Le projet de loi S-2, visant à modifier la Loi sur les Indiens, a suscité des débats et des critiques concernant la consultation des Premières Nations.
L’année 2025 a été riche en événements politiques et sociaux au Canada. La démission de Justin Trudeau, annoncée seulement une semaine après le début de l’année, a pris de court de nombreux observateurs. Cette décision a entraîné la prorogation du Parlement et l’arrivée au pouvoir d’un gouvernement minoritaire libéral, mené par Mark Carney.
« Ça a été une année assez folle, politiquement c’est sûr. Nous avons traversé des élections et nous nous sommes retrouvés avec un gouvernement minoritaire, ce que j’aime généralement. Et puis nous avons des gens qui traversent le parquet et Poilievre perd son siège. »
Dennis Ward, animateur d’APTN National News et Face to Face
L’élection d’un gouvernement minoritaire a également permis la nomination de Mandy Gull-Masty au poste de première ministre autochtone des Services aux Autochtones Canada. Une nomination saluée comme une étape importante vers la réconciliation, mais qui soulève également des questions quant à son impact réel sur les communautés autochtones.
« Je pense qu’en coulisses, elle semble passer beaucoup de temps à parler aux dirigeants des Premières Nations. Mais… comme elle l’a dit elle-même à l’Assemblée des Premières Nations, son chemin est différent de celui des dirigeants des Premières Nations qui représentent leurs communautés. »
Karyn Pugliese, journaliste en ligne principale d’APTN et animatrice de Nation to Nation
Parmi les dossiers chauds de l’année, le projet de loi S-2 a particulièrement fait l’objet de controverses. Ce projet de loi vise à mettre fin au seuil de la deuxième génération dans la Loi sur les Indiens, qui empêche les parents de transmettre le statut d’Indien après deux générations consécutives de parents sans statut. Les modifications proposées remplaceraient ce seuil par la règle du parent unique, permettant à toute personne ayant un statut en vertu de la Loi sur les Indiens de transmettre son identité juridique et ses droits à ses enfants.
Cependant, Mandy Gull-Masty a exprimé des réserves quant à ces amendements, estimant qu’une consultation plus approfondie avec les Premières Nations était nécessaire. Cette position a été perçue par certains comme un contraste frappant avec le manque de consultation du gouvernement Carney sur les projets de développement des ressources naturelles.
« La consultation ici et la consultation pas là, je veux dire, c’est juste une militarisation de la réconciliation. »
Karyn Pugliese, journaliste en ligne principale d’APTN et animatrice de Nation to Nation
Le principe de Jordan, conçu pour garantir l’accès aux services de santé, sociaux et éducatifs pour les enfants des Premières Nations, a également été au centre de l’attention en 2025. Malgré ses bonnes intentions, le système est confronté à des arriérés, des obstacles bureaucratiques et des litiges liés aux droits de l’homme. Une récente décision de la Cour d’appel fédérale a confirmé le droit de Joanne Powless, une grand-mère Oneida, à obtenir des services en vertu du principe de Jordan pour assainir sa maison de moisissures, qui affectait la santé de ses petits-enfants. Plus d’informations sur cette décision.
Par ailleurs, la publication d’un bulletin interne du gouvernement fédéral en février dernier, limitant de fait l’accès au principe de Jordan, a provoqué une vague de protestations et des licenciements dans les écoles. Une enquête menée par la Société de soutien à l’enfance et à la famille des Premières Nations a révélé des incohérences dans l’application du programme, soulignant les difficultés persistantes à mettre en œuvre le principe de Jordan de manière efficace.
Enfin, l’Assemblée des Premières Nations (APN) est confrontée à des questions quant à son rôle et à son mandat. Sous la direction de sa nouvelle cheffe nationale, Cindy Woodhouse Nepinak, l’APN se concentre sur les projets d’infrastructure, mais les tensions entre l’organisation et les chefs des Premières Nations remettent en question son autorité et son efficacité. Des défis similaires se posent au sein d’autres organisations autochtones, telles que le Ralliement national des Métis et la Nation métisse de la Colombie-Britannique.
Les animateurs d’APTN News s’interrogent sur les défis et les opportunités qui se présenteront en 2026, et sur les sujets qui continueront à dominer l’actualité.

