Publié le 2024-02-29 14:35:00. La ville d’Apatzingán, dans l’État du Michoacán, a été le théâtre de violentes manifestations suite aux assassinats de deux figures locales, dégénérant en vandalisme et incendie de la mairie. Ces événements s’inscrivent dans un contexte de violence croissante liée à la présence de cartels dans la région.
- Des manifestants ont incendié et vandalisé la mairie d’Apatzingán en signe de protestation contre les meurtres de Bernardo Bravo Manríquez et Carlos Manzo Rodríguez.
- Des émeutes ont également éclaté à Morelia, la capitale de l’État, avec 18 personnes arrêtées au total.
- Les assassinats seraient liés à des conflits entre différents groupes criminels, dont le cartel de Jalisco Nouvelle Génération.
Les troubles ont débuté après l’assassinat de Carlos Manzo Rodríguez, maire d’Uruapan, abattu de six coups de feu le samedi soir, lors de la traditionnelle Fête des Bougies célébrant la Nuit des Morts. Le tireur a été tué sur place, mais son identité reste inconnue. Quelques jours plus tôt, le 19 octobre, Bernardo Bravo Manríquez, un important producteur de citrons d’Apatzingán, avait été assassiné après avoir été contraint d’assister à une réunion avec des membres présumés du groupe criminel connu sous le nom de Los Blancos de Troya (Les Troyens Blancs).
Les manifestants à Apatzingán ont défilé dans les rues en scandant des slogans contre Fanny Arreola Pichardo, la maire de la ville. Ils ont ensuite pris d’assaut l’hôtel de ville, peignant des graffitis, détruisant des meubles et incendiant la réception. Une banderole proclamant « Fanny Out » (Fanny dehors) était accrochée à l’édifice. À Morelia, des dizaines de jeunes ont attaqué le palais du gouvernement et le Congrès local, exigeant justice pour Carlos Manzo.
Les autorités identifient César Sepúlveda Arellano, surnommé Botox, comme le cerveau présumé de l’assassinat de Bernardo Bravo. Los Blancos de Troya, qui extorquent les producteurs de citrons, entretiendraient des alliances avec le cartel de Jalisco Nueva Generación, Los Viagras et le Cartel d’Acahuato. Les 18 personnes arrêtées lors des émeutes de Morelia, dont au moins huit ont été mises à la disposition du Bureau du Procureur général de l’État (FGE), sont actuellement interrogées.
Ces événements soulignent la persistance de la violence liée à la drogue dans l’État du Michoacán, où les cartels exercent un contrôle important sur certaines régions et menacent la sécurité des populations locales et des représentants du gouvernement.
