Londres – Le géant pétrolier saoudien Aramco a appelé à une approche plus pragmatique de la transition énergétique, estimant que le pétrole et le gaz resteront indispensables à l’économie mondiale pour encore de nombreuses années. Cette prise de position intervient alors que les objectifs climatiques ambitieux se heurtent aux réalités de la demande énergétique croissante.
S’exprimant lors du Forum sur l’intelligence énergétique 2025 à Londres, le PDG d’Aramco, Amin Nasser, a souligné la nécessité de politiques énergétiques qui garantissent un approvisionnement fiable, abordable et durable, tout en soutenant la croissance économique mondiale. Il a mis en garde contre les objectifs de transition irréalistes, qui, selon lui, ont déjà eu des conséquences imprévues.
« Le pétrole et le gaz restent l’épine dorsale de l’économie mondiale », a affirmé Nasser, ajoutant que de nombreux experts et analystes révisent désormais leurs prévisions de transition énergétique pour les rendre plus réalistes. Ce changement de perspective, a-t-il précisé, pourrait encourager les investissements à long terme dans les secteurs pétrolier et gazier.
Nasser a constaté que la croissance des véhicules électriques et des énergies renouvelables ne suffit pas à compenser l’augmentation globale de la demande énergétique, même dans les pays les plus avancés. « Même si les véhicules électriques et les énergies renouvelables se développent, ils ne couvrent même pas la croissance de la demande et restent faibles en chiffres absolus », a-t-il déclaré, soulignant que des revirements politiques sont à prévoir dans plusieurs pays face à ces réalités économiques et aux limites technologiques.
Aramco entend maintenir sa position de leader dans la production pétrolière grâce à ses vastes réserves à faible coût et à son intensité carbone en amont parmi les plus basses de l’industrie. L’entreprise accélère également son développement dans le secteur du gaz, disposant de réserves considérables, y compris un potentiel important en gaz non conventionnel, et ambitionne d’accroître significativement sa production.
Par ailleurs, les produits chimiques constituent un domaine de croissance clé pour Aramco, soutenu par ses atouts en matière de matières premières et de capacités de conversion. L’entreprise mise également sur l’innovation technologique, notamment l’intelligence artificielle, déployée à grande échelle dans toutes ses opérations, et soutient ces efforts par des investissements massifs, atteignant 7 milliards de dollars (26,25 milliards de riyals saoudiens) via un programme de capital-risque.
Aramco s’engage également à réduire ses émissions de carbone et de méthane dès les premières étapes de production, tout en renforçant sa présence dans le secteur des nouvelles énergies. L’entreprise se positionne ainsi sur une stratégie équilibrée, visant à préparer l’avenir énergétique et à assurer une valeur durable à ses parties prenantes et actionnaires.
Le Forum sur l’intelligence énergétique, qui s’est tenu cette année à Londres, a examiné l’impact du protectionnisme commercial sur le système énergétique mondial et les défis liés à la transition énergétique.
