Publié le 21 novembre 2025 à 20h53 GMT+1. Le ministre thaïlandais des Affaires étrangères a souligné à Bruxelles l’importance d’un rôle accru de l’Union européenne dans la région Indo-Pacifique, afin de contrebalancer l’influence grandissante des États-Unis et de la Chine, tout en évoquant l’avancement des négociations pour un accord de libre-échange avec l’UE.
- L’Union européenne est perçue par la Thaïlande comme un facteur d’équilibre des pouvoirs dans la région Indo-Pacifique.
- Les négociations pour un accord de libre-échange entre la Thaïlande et l’UE progressent, avec un espoir de conclusion l’année prochaine.
- La Thaïlande met l’accent sur la promotion de la paix régionale, la résolution de la crise au Myanmar et la lutte contre les défis mondiaux comme le changement climatique.
En marge du quatrième Forum ministériel UE-Indo-Pacifique qui s’est tenu à Bruxelles les 20 et 21 novembre, Sihasak Phuangketkeow, ministre thaïlandais des Affaires étrangères, a insisté sur la nécessité d’une coopération renforcée entre l’Union européenne et la région Indo-Pacifique. Selon lui, la présence de l’UE est cruciale pour maintenir un équilibre des pouvoirs face à la montée en puissance des États-Unis et de la Chine.
Le ministre a également fait état d’un renforcement des relations entre la Thaïlande et l’UE au cours de l’année écoulée, notamment grâce aux discussions en cours concernant un accord de libre-échange (ALE). Il a précisé que les négociations “ont bien progressé”, ajoutant :
« Nous espérons que peut-être d’ici l’année prochaine, nous pourrons les conclure. »
Sihasak Phuangketkeow, ministre thaïlandais des Affaires étrangères
Toutefois, des points importants restent à régler, tels que l’accès au marché, les marchés publics, la propriété intellectuelle, ainsi que les normes environnementales et les droits de l’homme.
L’accord de partenariat et de coopération UE-Thaïlande, entré en vigueur l’année dernière, est jugé “très efficace” par le ministre. Il a souligné l’intérêt croissant du secteur privé de nombreux pays de l’UE pour les opportunités offertes par la Thaïlande, dont la position géographique stratégique en Asie du Sud-Est en fait une “plateforme” idéale pour les investissements dans la région.
La Thaïlande est actuellement engagée dans une transition vers une économie plus numérisée et plus respectueuse de l’environnement. M. Phuangketkeow estime que l’UE a beaucoup à offrir dans ces domaines, non seulement à la Thaïlande, mais également aux autres pays de l’ASEAN (Association des nations de l’Asie du Sud-Est). L’ASEAN regroupe onze États membres : le Myanmar, la Thaïlande, le Laos, le Vietnam, les Philippines, le Cambodge, Singapour, l’Indonésie, la Malaisie, le Timor-Leste et le Brunei.
L’UE comme contrepoids régional
Interrogé sur la capacité de l’UE à servir de contrepoids à l’influence croissante de la Chine en Asie du Sud-Est, le ministre a affirmé que la Thaïlande privilégie un monde multipolaire et souhaite entretenir des relations constructives avec toutes les grandes puissances. La Chine demeure le principal partenaire commercial de la Thaïlande, tandis que l’engagement américain est considéré comme essentiel pour la sécurité régionale.
Cependant, M. Phuangketkeow a exprimé des préoccupations concernant le recours croissant aux droits de douane par les États-Unis :
« Nous sommes également préoccupés, en ce moment, par les politiques de droits de douane et de protectionnisme de la part des États-Unis. Nous pensons que cela n’aide pas le système commercial multilatéral. »
Sihasak Phuangketkeow, ministre thaïlandais des Affaires étrangères
Il s’est en revanche félicité d’un engagement plus fort de l’UE sur les plans économique, politique et sécuritaire, estimant que cela contribue à une dynamique de pouvoir régionale plus équilibrée.
Les priorités de la politique étrangère thaïlandaise
Enfin, le ministre a exposé les nouvelles priorités de la politique étrangère thaïlandaise, qui consistent principalement à promouvoir la paix dans la région, à trouver une solution à la crise actuelle au Myanmar, à apaiser les tensions avec le Cambodge, à renforcer la communauté de l’ASEAN et à relever les défis mondiaux tels que le changement climatique, la traite des êtres humains et la cybersécurité.
Le Forum ministériel UE-Indo-Pacifique a rassemblé environ 70 délégations représentant les institutions et les États membres de l’UE, ainsi que des pays et des organisations régionales de la région Indo-Pacifique.

