Publié le 21 décembre 2025 à 07h09. Le nombre d’explosions aux Pays-Bas reste à un niveau alarmant, avec plus de 1 350 incidents enregistrés cette année, malgré les efforts déployés par les forces de l’ordre et les municipalités pour endiguer cette vague de violence.
- Plus de 1 350 explosions ont été recensées aux Pays-Bas en 2025, dont plus de 500 impliquant l’utilisation de cocktails Molotov.
- La police estime que le nombre d’attaques pourrait atteindre un niveau record, comparable à celui de 2024 (1 543 incidents).
- Les jeunes, souvent mineurs, sont de plus en plus impliqués dans ces actes criminels, attirés par la facilité de gagner de l’argent.
Les attentats à l’explosif continuent de semer la terreur aux Pays-Bas. Selon les derniers chiffres de l’Offensive contre les explosions – une initiative regroupant la police et les municipalités – 1 356 incidents ont été recensés cette année. Un nombre qui, bien que stable par rapport à 2024, reste extrêmement élevé et inquiète les autorités.
Le nombre d’attaques ciblant les habitations et autres propriétés devrait être presque aussi élevé qu’en 2024, année où 1 543 explosions avaient été enregistrées. La police se dit satisfaite de constater que le nombre d’incidents n’a pas encore augmenté, mais souligne l’urgence de la situation.
« Beaucoup de choses sont faites pour empêcher les attaques, mais ce phénomène n’a pas simplement été réduit. »
Jos van der Stap, responsable du programme pour les crimes à fort impact
L’impact de ces explosions sur la population est considérable. Souvent, tout un quartier vit dans la peur. « Vous pouvez imaginer ce que cela fait si vous vivez quelque part avec votre famille et voyez comment une maison dans la rue brûle à cause d’une telle attaque. Et parfois la maison des voisins aussi », explique Jos van der Stap.
Plus de 500 explosions ont impliqué l’utilisation de cocktails Molotov, fabriqués en attachant un ou deux « serpents » (des pétards puissants) à une bouteille d’essence. Ces attaques, souvent motivées par l’intimidation ou la vengeance, sont particulièrement dangereuses et peuvent causer des dégâts considérables.
L’exemple le plus tragique reste celui du Camp de blé à La Haye, où six personnes ont perdu la vie l’année dernière lors d’une explosion causée par l’utilisation d’environ 200 litres d’essence.
Il y a trois semaines, un habitant d’Almere a été grièvement blessé suite à une explosion survenue dans sa maison. Un incident similaire s’était produit plus tôt cette année à Heerhugowaard, où une explosion, probablement accidentelle, a été déclenchée sur un jerricane d’essence, rendant 13 habitations inhabitables et nécessitant l’hospitalisation de plusieurs personnes, ainsi que le décès de six animaux domestiques.
Les attentats sont parfois liés à des conflits dans le milieu criminel, mais dans près de la moitié des cas, ils sont motivés par des raisons bien différentes : problèmes relationnels, conflits commerciaux, etc. La police admet qu’il est souvent difficile de déterminer la véritable cause, les victimes étant parfois réticentes à révéler leurs secrets, ou même ignorant elles-mêmes les raisons de l’attaque.
Des erreurs sont également fréquentes. La police cite l’exemple d’une explosion survenue à Nieuwkuijk l’année dernière, où une femme a perdu le bas de sa jambe, les agresseurs visant en réalité ses voisins.
Cette année, plusieurs explosions ont été signalées devant des maisons erronées, ou au mauvais endroit dans la rue. « Les personnes qui effectuent ces actes reçoivent les adresses via une application », explique Van der Stap. « De plus, beaucoup d’entre eux ont un faible niveau d’instruction ou souffrent d’un léger handicap intellectuel, ce qui les rend plus susceptibles de commettre des erreurs. »
Plus de 300 suspects ont été arrêtés cette année en lien avec ces explosions, dont un nombre important de mineurs. L’âge moyen des suspects est de 23 ans, mais le groupe le plus représenté a seulement 16 ans. Ces jeunes sont souvent attirés par la perspective de gagner de l’argent facilement et sont recrutés pour diverses activités criminelles, allant de la livraison de colis à la fraude bancaire.
« Ils peuvent aussi soudainement travailler comme extracteurs ou comme faux agents pour récupérer les cartes bancaires aux portes des gens. D’un côté, ils sont exploités, mais de l’autre, ils veulent ce manteau à 1 000 euros pour eux sans avoir à travailler pour l’acquérir au supermarché. »
Jos van der Stap, responsable du programme pour les crimes à fort impact
Pour endiguer cette vague d’attentats, l’Offensive contre les explosions agit sur plusieurs fronts : détection, prévention et suivi. Les autorités se concentrent notamment sur les jeunes vulnérables, facilement influençables, ainsi que sur les intermédiaires qui les recrutent. Des efforts sont également déployés pour empêcher la production de feux d’artifice puissants, car l’objectif est de rendre plus difficile l’accès à ces engins et de réduire le nombre d’incidents.



