Publié le 22 décembre 2025 à 22h35. Des chercheurs de l’université Yale ont identifié une différence moléculaire significative dans le cerveau des personnes autistes, ouvrant de nouvelles perspectives pour le diagnostic et le traitement de ce trouble neurodéveloppemental.
- Une étude révèle une diminution des récepteurs du glutamate, un neurotransmetteur clé, dans le cerveau des personnes autistes.
- Les chercheurs suggèrent que ce déséquilibre pourrait expliquer la diversité des manifestations de l’autisme.
- L’électroencéphalogramme (EEG) pourrait devenir un outil complémentaire et moins coûteux pour étudier cette fonction cérébrale.
Une équipe de la Yale School of Medicine (YSM) a mis en évidence une anomalie au niveau des récepteurs du glutamate, le principal neurotransmetteur excitateur du cerveau, chez des adultes autistes. Cette découverte, publiée dans l’American Journal of Psychiatry, pourrait permettre de mieux comprendre les mécanismes biologiques sous-jacents à l’autisme et d’améliorer les stratégies d’intervention.
L’autisme est caractérisé par des différences dans les interactions sociales, des intérêts spécifiques et des comportements répétitifs. Bien que les causes exactes de ce trouble restent floues, les scientifiques s’accordent à penser qu’un déséquilibre entre les signaux excitateurs et inhibiteurs dans le cerveau pourrait jouer un rôle crucial. Les signaux excitateurs, véhiculés par le glutamate, activent les neurones, tandis que les signaux inhibiteurs les freinent. Un équilibre précis entre ces deux types de signaux est essentiel au bon fonctionnement cérébral.
Pour mener à bien leur étude, les chercheurs ont utilisé l’imagerie par résonance magnétique (IRM) et la tomographie par émission de positons (TEP) pour comparer le cerveau de 16 adultes autistes à celui de 16 personnes neurotypiques. Les examens IRM ont permis d’analyser la structure cérébrale, tandis que les TEP ont révélé l’activité moléculaire. Les résultats ont montré une disponibilité réduite d’un type spécifique de récepteur du glutamate, le récepteur métabotropique du glutamate 5 (mGlu5), chez les participants autistes.
« Nous avons découvert cette différence vraiment importante, jamais comprise, dans l’autisme, qui est significative, a des implications pour l’intervention et peut nous aider à comprendre l’autisme d’une manière plus concrète que jamais auparavant. »
James McPartland, professeur Harris de psychiatrie et de psychologie infantiles au Child Study Center de l’YSM et co-chercheur principal de l’étude
Quinze des participants autistes ont également passé un électroencéphalogramme (EEG), qui mesure l’activité électrique du cerveau. Les chercheurs ont constaté une corrélation entre la faible disponibilité des récepteurs mGlu5 et les mesures électriques obtenues par l’EEG. Cette observation suggère que l’EEG pourrait constituer un outil d’investigation complémentaire et plus accessible que la TEP, qui est coûteuse et implique une exposition aux radiations.
« L’EEG ne remplacera pas complètement la TEP, mais il pourrait nous aider à comprendre comment ces récepteurs du glutamate pourraient contribuer à l’activité cérébrale continue d’une personne. »
Adam Naples, professeur adjoint au Child Study Center de l’YSM et premier auteur de l’étude
À l’heure actuelle, le diagnostic de l’autisme repose principalement sur l’observation comportementale. Les chercheurs espèrent que cette nouvelle découverte moléculaire permettra de développer des outils de diagnostic plus précis et de mieux cibler les interventions thérapeutiques. Bien que de nombreuses personnes neurodivergentes ne ressentent pas le besoin de traitements médicamenteux, de nouvelles options pourraient améliorer la qualité de vie de ceux qui souffrent de symptômes invalidants.
Les prochaines étapes de la recherche consisteront à étudier l’évolution de cette différence moléculaire au cours du développement, en utilisant des techniques d’imagerie plus sophistiquées qui réduisent l’exposition aux radiations. L’équipe de Yale prévoit également d’inclure des personnes autistes présentant une déficience intellectuelle dans de futures études, afin d’élargir la portée de leurs investigations.
