Washington, 9 novembre 2025. La paralysie politique à Washington se prolonge, la fermeture partielle des services fédéraux américains entrant dans son 40e jour, avec des conséquences de plus en plus lourdes sur les vols aériens, l’aide alimentaire et le salaire de centaines de milliers de fonctionnaires.
- Les négociations au Sénat sont au point mort, malgré un week-end de discussions intenses.
- Le principal obstacle reste le financement des subventions à l’assurance maladie, prévues par la loi Affordable Care Act.
- Le président Trump insiste pour une réforme des règles du Sénat permettant de contourner l’obstruction systématique.
La fermeture du gouvernement américain, débutée le 1er octobre, continue de peser sur le quotidien de millions d’Américains. Les retards et annulations de vols se multiplient, tandis que l’avenir de programmes d’aide alimentaire essentiels reste incertain. Plus de 800 000 fonctionnaires fédéraux sont toujours en congé sans solde ou travaillent sans être payés, une situation qui s’éternise et crée une anxiété croissante.
Au cœur du blocage, la question des subventions à l’assurance maladie, prévues par l’Affordable Care Act (ACA), également connue sous le nom de « Obamacare ». Si le Congrès ne renouvelle pas ces subventions, les primes d’assurance devraient en moyenne plus que doubler l’année prochaine, rendant la couverture médicale inabordable pour de nombreux Américains. Les démocrates réclament une prolongation d’un an de ces aides, mais se heurtent à l’opposition des républicains.
Le chef de la majorité au Sénat, John Thune, a déclaré samedi que les républicains étaient à « quelques voix » de l’adoption d’un projet de loi visant à rouvrir le gouvernement jusqu’en janvier, tout en approuvant le financement de certaines administrations. Cependant, le soutien démocrate à cette proposition reste incertain.
« Nous ne sommes qu’à quelques voix de l’adoption d’un projet de loi visant à rouvrir le gouvernement. »
John Thune, chef de la majorité au Sénat
Un groupe de démocrates modérés a proposé un compromis : rouvrir le gouvernement en échange d’un vote ultérieur sur les subventions à l’ACA. Le sénateur Bernie Sanders a toutefois mis en garde contre un tel accord, estimant qu’il serait « inutile » sans l’assurance que le président Trump le signera.
« L’engagement de tenir un vote sur l’extension des subventions aux soins de santé serait un geste inutile à moins que vous n’ayez l’engagement du président de la Chambre qu’il le soutiendra et que le président des États-Unis le signera. »
Bernie Sanders, sénateur du Vermont
Le président Trump a réitéré son opposition à tout compromis dans un avenir proche, et a exhorté les républicains à supprimer les règles du Sénat sur l’obstruction systématique, qui nécessitent une majorité de 60 voix pour adopter la plupart des lois. Il estime que cette règle entrave l’action du gouvernement et permet aux démocrates de bloquer ses initiatives.
Parallèlement, des sénateurs républicains envisagent de nouvelles propositions pour limiter l’accès aux subventions à l’assurance maladie, en ciblant uniquement les personnes les plus démunies. Le sénateur Lindsey Graham a déclaré que l’objectif était de « remplacer ce système défectueux par quelque chose qui est réellement meilleur pour le consommateur ».
Les prochaines heures et les prochains jours seront cruciaux. Un vote test sur une nouvelle législation pourrait avoir lieu prochainement, mettant les démocrates face à un choix difficile : continuer à se battre pour un accord global sur les subventions à l’ACA, au risque de prolonger la fermeture, ou voter pour rouvrir le gouvernement en espérant obtenir des concessions ultérieures sur la question de la santé.
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Seung Min Kim, Joey Cappelletti, Mary Clare Jalonick et Lisa Mascaro de l’Associated Press ont contribué à cet article.
