Les hôpitaux, consommateurs énergétiques majeurs, se préparent à une augmentation des perturbations du réseau électrique. Pour garantir la continuité des soins, ils se tournent de plus en plus vers les systèmes de stockage d’énergie par batterie (BESS) afin de renforcer leur résilience face aux pannes et de maîtriser leurs coûts.
Le secteur de la santé représente une part significative de la consommation énergétique des bâtiments commerciaux, avoisinant les 10 % pour seulement 4 % de l’espace occupé. Cette consommation se traduit par des dépenses annuelles dépassant les 8 milliards de dollars (environ 7,4 milliards d’euros). La fiabilité de l’alimentation électrique est cruciale : des salles d’opération aux unités de soins intensifs, en passant par la conservation des médicaments, la moindre interruption peut mettre des vies en danger.
Les récentes tempêtes qui ont frappé le sud-est des États-Unis en fin d’année 2024 illustrent parfaitement les enjeux. Lors des ouragans Helen et Milton, plus de la moitié des établissements de soins interrogés par Direct Relief ont été contraints de fermer temporairement. Sur les 80 centres de santé communautaires et cliniques gratuites ayant répondu à l’enquête, 54 % ont dû interrompre leurs activités sur au moins un site en raison de coupures de courant. Ces interruptions ont entraîné l’annulation ou le report de près de 28 000 rendez-vous médicaux et ont forcé près d’un quart des prestataires à jeter des médicaments thermosensibles.
Face à cette situation, les hôpitaux ne peuvent plus se reposer uniquement sur les générateurs traditionnels, conçus pour une autonomie de 96 heures. Le ministère de l’Énergie américain prévoit même une multiplication potentielle par 100 du nombre de pannes d’ici 2030 si les sources d’énergie fiables continuent de disparaître. Les BESS offrent une solution de secours immédiate, comblant le délai entre la perte du réseau et le démarrage du générateur, tout en protégeant les équipements sensibles contre les variations de tension.
Associés à des sources d’énergie renouvelable comme le solaire ou la cogénération, les BESS permettent de créer des micro-réseaux, assurant ainsi la continuité des opérations critiques même en cas de pannes prolongées. Ils contribuent également à réduire les coûts énergétiques en optimisant l’utilisation de l’électricité et en diminuant les frais de demande.
Plusieurs technologies de batteries sont disponibles. Les batteries au lithium, réputées pour leur réactivité et leur capacité de sauvegarde de courte à moyenne durée, sont fréquemment utilisées. Leur capacité de stockage a augmenté de 66 % en 2024, atteignant 10,4 gigawatts, soit presque le double de ce qui était prévu pour 2025. Pour une résilience accrue, les batteries à flux redox au vanadium offrent une autonomie de 10 à 24 heures sans perte de capacité et une durée de vie prolongée, idéale pour les pannes de longue durée. Les solutions à base de plomb restent également une option viable pour certaines applications, grâce à leur fiabilité, leur recyclabilité et une chaîne d’approvisionnement nationale solide.
Applied Medical, en Californie, a récemment choisi un système de batterie à flux redox au vanadium de CellCube pour alimenter un micro-réseau, garantissant ainsi le fonctionnement continu de ses équipements médicaux essentiels en cas de coupure de courant. L’intégration d’un BESS à l’infrastructure hospitalière existante est généralement simple et permet de respecter les normes de la Commission mixte et les exigences en matière d’alimentation de secours de la NFPA.
Alors que les coûts énergétiques continuent de grimper et que l’adoption du stockage sur batterie s’accélère, il est temps pour les hôpitaux d’agir. Le choix d’une solution de stockage adaptée peut assurer la continuité des soins, maîtriser les dépenses et améliorer l’expérience patient.
