Le bilan des deux séismes de magnitude 7,2 et 7,5 ayant frappé le Venezuela mercredi dernier s’élève désormais à 1 450 morts, selon les données du 28 juin 2026. Les secours s’activent dans les décombres de La Guaira et Caracas pour tenter de retrouver des survivants après l’effondrement de 189 immeubles.
L’ampleur des pertes et des destructions
Le pays fait face à l’une des catastrophes naturelles les plus brutales de son histoire. Selon La Presse, le président de l’Assemblée nationale, Jorge Rodriguez, a officialisé un bilan de 1 450 décès. De son côté, Radio-Canada rapporte un décompte de 1 430 morts et 3 238 blessés.
L’infrastructure urbaine est sévèrement touchée, particulièrement dans la capitale et les zones côtières. Les chiffres officiels font état de 774 bâtiments touchés, dont 189 ont subi un effondrement total.
Le tableau des dégâts peut être résumé ainsi :
Morts : Entre 1 430 et 1 450 personnes.
Bâtiments : 189 effondrements totaux sur 774 structures touchées.
Blessés : 3 238 personnes recensées.
L’épuisement des secours et l’odeur de la mort
Quatre jours après la secousse, l’espoir de retrouver des survivants s’amenuise. Erick Burnod, capitaine des pompiers volontaires de Caracas, décrit une réalité brutale où le manque d’équipement force les secouristes à travailler avec des moyens rudimentaires, comme des marteaux, pour tenter d’ouvrir des toits de béton.
L’aspect le plus traumatisant pour les équipes sur le terrain reste la décomposition des corps. Burnod qualifie indescriptible l’odeur qui se dégage désormais des décombres, signalant souvent que personne ne peut être vivant là où cette senteur devient forte.
Parfois, [tu passes] deux ou trois heures avec un marteau à essayer d’ouvrir un toit et tu arrives à ne rien faire, alors, il faut malheureusement choisir et passer à un autre appel au secours. Ça fait mal au cœur.
Erick Burnod, capitaine des pompiers volontaires, via Radio-Canada
L’urgence est accentuée par des températures élevées. Tom Fletcher, responsable de l’aide humanitaire de l’ONU, a souligné que la fenêtre cruciale des 72 premières heures est désormais refermée, laissant présager un alourdissement considérable du bilan.
Des survies miraculeuses dans les décombres
Malgré le chaos, quelques miracles ponctuent les opérations de sauvetage. À Caraballeda, un garçon de 11 ans a été extrait vivant des ruines, un événement relayé sur X par Delcy Rodríguez. À La Guaira, la joie a éclaté lors du sauvetage d’un nourrisson.
L’équipe d’Erick Burnod a également réussi à sauver une femme piégée au 16e et dernier étage d’un immeuble effondré, bien que son mari et son fils n’aient pas survécu. Ces rares succès maintiennent une étincelle d’espoir chez les familles qui, faute de moyens officiels, fouillent les débris à mains nues ou avec des pelles.
L’organisation citoyenne a pris le relais là où l’État a failli. Dès le premier jour, des réseaux de motos ont transporté de la nourriture et de l’eau vers les zones sinistrées. À Caracas, dans le quartier de Chacao, des écrans publicitaires géants ont été détournés pour diffuser les visages des disparus afin d’aider à leur localisation.
Une crise humanitaire sur fond d’instabilité politique
Le désastre naturel frappe un pays déjà exsangue. Le Venezuela traverse une crise économique profonde et des troubles politiques majeurs. Cette fragilité institutionnelle se traduit par une désorganisation flagrante des autorités locales dans la gestion des secours.
Pour pallier ces carences, l’aide internationale s’organise. Environ 1 600 membres d’organismes humanitaires sont arrivés sur place. Des équipes américaines et espagnoles apportent un soutien technologique indispensable, utilisant des sondes et des caméras de pointe pour localiser les poches de survie sous le béton.
L’arrivée de ces moyens techniques contraste avec le désespoir de nombreux citoyens. À La Guaira, Hector Aguilera, qui cherche quatre membres de sa famille, a exprimé son impuissance, affirmant que sans aide extérieure, il était impossible de sortir ses proches des décombres. Pour beaucoup de survivants, le traumatisme est double : ils ont survécu au séisme, mais ont tout perdu matériellement.
Find more reporting in our Monde section.
