Publié le 12 octobre 2025 à 10h32. Les compagnies aériennes redéfinissent l’expérience de voyage long-courrier en privilégiant le luxe et le confort des classes affaires et premium, au détriment de l’espace dédié à l’économie, une stratégie qui se traduit par une augmentation significative des prix des billets.
- Les compagnies aériennes transatlantiques augmentent considérablement le nombre de sièges en classes affaires et premium, avec une hausse de 14 % et 124 % respectivement.
- En parallèle, le nombre de sièges en classe économique diminue de 9 %, entraînant une baisse des prix dans cette catégorie.
- United Airlines prévoit, dès 2026, d’opérer des vols avec une proportion record de 45 % de sièges en classes affaires et premium.
Les compagnies aériennes américaines et européennes opèrent une transformation profonde de la configuration de leurs avions long-courriers, en réorientant leurs priorités vers les classes les plus rentables. Cette évolution se traduit par une réduction du nombre de sièges en classe économique et une augmentation significative de ceux proposés en classes premium et affaires. Les passagers fortunés qui optent pour ces classes peuvent désormais profiter d’un luxe inégalé, incluant des services exclusifs tels que du caviar, du champagne, des écrans géants en très haute définition, des suites privatives transformables en chambres, des pyjamas, des chaussons et des casques à réduction de bruit.
L’analyse du Corriere révèle que cette tendance s’accentue sur les vols transatlantiques, considérés comme les plus lucratifs. Au deuxième trimestre 2026, les compagnies aériennes devraient proposer une augmentation de 16 % des sièges en première classe par rapport à 2019, une hausse de 14 % en classe affaires et une augmentation spectaculaire de 124 % en classe économique premium. En contrepartie, le nombre de sièges en classe économique devrait diminuer de 9 %, soit en moyenne 17 sièges de moins par avion, selon les données de la plateforme spécialisée Cirium.
United Airlines franchira une étape importante en 2026 avec l’entrée en service de son premier Boeing 787-9 doté de nouvelles cabines. Cet appareil affichera un taux de 45 % de sièges en classes affaires et premium, doublant ainsi la proportion actuelle. British Airways détient actuellement le record, avec près de la moitié de ses sièges dans les classes supérieures sur certains de ses Boeing 777.
Les prix des billets en classe affaires peuvent atteindre des sommets, oscillant entre 10 000 et 12 000 euros. Cette augmentation des tarifs s’explique par la demande croissante pour une expérience de voyage plus confortable et personnalisée. Dieter Vranckx, directeur commercial du groupe Lufthansa, a récemment déclaré au Corriere : « Pour le moment, la tendance nous semble vraiment solide. » La devise du groupe allemand est d’ailleurs claire : « Premium, premium, premium ».
Selon les analystes de Deutsche Bank, la croissance des revenus générés par les classes premium a dépassé celle de la classe économique au cours de la dernière décennie. Les compagnies aériennes américaines investissent massivement dans ce segment, comme en témoignent les comptes de Delta Air Lines : au troisième trimestre 2025, près de la moitié de ses 12 milliards de dollars de revenus issus de la vente de billets provenaient des classes affaires et premium, tandis que les revenus de la classe économique ont diminué de 4 % par rapport à l’année précédente.
En 2026, la part moyenne des sièges en classe économique devrait diminuer de 79,6 % à 72,4 %, tandis que les classes affaires et premium gagneront du terrain, atteignant respectivement 17,4 % (contre 15,3 % en 2019) et 8,9 % (contre 4 % en 2019). La première classe, bien que marginale, reste proposée par certaines compagnies européennes et représente un peu plus de 1 % de l’offre globale.
Malgré les turbulences macroéconomiques et géopolitiques, les compagnies aériennes semblent confiantes dans la pérennité de cette tendance. Scott Kirby, PDG d’United Airlines, a souligné dans un entretien à Bloomberg que la demande pour les classes premium n’a jamais été aussi forte. Les passagers, habitués aux aléas des voyages ces dernières années, semblent de plus en plus disposés à investir dans une expérience plus confortable et agréable.

