La Roumanie affiche l’un des taux les plus élevés de l’Union européenne en matière d’incidence et de mortalité liées au cancer du col de l’utérus. Un dépistage régulier et la vaccination contre le virus du papillome humain (VPH) sont pourtant des moyens efficaces de prévenir cette maladie.
- Environ 3 380 nouveaux cas de cancer du col de l’utérus sont diagnostiqués chaque année en Roumanie.
- Le VPH, très courant, est souvent asymptomatique, mais certaines souches peuvent évoluer vers un cancer du col de l’utérus et d’autres types de cancers.
- Le test Pap et le test VPH, utilisés en combinaison, permettent une détection précoce et augmentent les chances de guérison.
La Roumanie se trouve parmi les pays européens les plus touchés par le cancer du col de l’utérus. Selon un rapport du Centre d’information ICO/CIRC sur le VPH et le cancer (2023), environ 3 380 nouveaux cas sont recensés annuellement. Pourtant, le virus du papillome humain (VPH), principal responsable de cette maladie, est extrêmement répandu, touchant environ 8 femmes sexuellement actives sur 10 au cours de leur vie, selon la Dr. Bianca Panda, gynécologue spécialiste chez MedLife Arad.
Si l’organisme parvient généralement à éliminer le VPH de lui-même, certaines souches, dites oncogènes, peuvent, avec le temps, provoquer des lésions précancéreuses puis un cancer du col de l’utérus. Le rapport ICO/IARC estime que 1 805 femmes roumaines décèdent chaque année de cette maladie.
« Les souches les plus courantes associées au cancer du col de l’utérus sont les HPV 16 et 18. En plus de celles-ci, il existe d’autres souches présentant un risque oncogène accru : 31, 33, 45, 52 et 58. » explique la Dr. Panda. L’évolution de l’infection vers le cancer est un processus lent, s’étalant en moyenne sur 10 à 15 ans, passant par des modifications cellulaires et des lésions précancéreuses (HSIL, CIN2/3).
Plusieurs facteurs peuvent influencer cette évolution : la souche virale, l’état du système immunitaire et le mode de vie de la patiente. Le risque est également accru en cas de sexualité précoce et de nombreux partenaires sexuels, de tabagisme, d’immunodépression, d’antécédents de maladies sexuellement transmissibles, d’un manque de dépistage régulier ou d’une utilisation prolongée de contraceptifs sans suivi gynécologique.
Dans la majorité des cas, les lésions précancéreuses ne présentent aucun symptôme. Cependant, certaines femmes peuvent ressentir des saignements après les rapports sexuels, des pertes vaginales anormales, des saignements entre les règles ou des douleurs pelviennes, surtout à un stade avancé de la maladie. Un cas récent, celui d’une patiente de 28 ans diagnostiquée avec un HSIL (CIN3) suite à un simple dépistage, illustre l’importance du dépistage.
« Le principal défi était l’absence totale de symptômes et la forte anxiété de la patiente face à la notion de “lésion précancéreuse”. »
Dr. Bianca Panda, gynécologue spécialiste chez MedLife Arad
La Dr. Panda a pratiqué une excision des lésions précancéreuses (LEEP), une procédure mini-invasive. La guérison a été rapide et la fertilité de la patiente préservée. « La leçon que chacun d’entre nous peut en tirer est que le dépistage sauve à la fois des vies et la santé reproductive. » souligne-t-elle.
La Dr. Panda a traité des patientes atteintes du VPH dès l’âge de 25 ans et jusqu’à 50 ans, soulignant que cette infection peut toucher les femmes de tous âges et renforçant l’importance d’un dépistage constant.
Le test Pap permet de détecter les anomalies cellulaires, tandis que le test VPH identifie les souches à haut risque. « Les deux tests sont complémentaires : le PAP montre l’effet de l’infection sur les cellules du col de l’utérus et le HPV en montre la cause. Leur combinaison (co-test) offre la plus grande précision pour détecter des lésions précoces. » précise la gynécologue.
Les résultats de ces tests sont interprétés comme suit :
- ASC-US – changements cellulaires mineurs. Le test VPH et la colposcopie sont recommandés si le VPH est positif.
- LSIL – lésions légères. La colposcopie est recommandée.
- HSIL – lésions de haut grade (CIN2/3). Elle nécessite une évaluation colposcopique et, souvent, un traitement par excision.
Les procédures telles que la LEEP ou la conisation sont efficaces à 90-95 % pour prévenir la progression vers le cancer. Un suivi régulier (PAP + HPV tous les 6 mois, puis annuellement pendant 2 à 3 ans) est cependant indispensable après un traitement. La vaccination contre le VPH, recommandée idéalement entre 11 et 14 ans (2 doses avant 15 ans et 3 doses après), est également un moyen de prévention essentiel.
« Les femmes peuvent être vaccinées jusqu’à l’âge de 45 ans, et les garçons doivent l’être autant que les filles, car le VPH affecte également les hommes, provoquant des cancers anogénitaux, oropharyngés et des condylomes. La vaccination contribue à l’immunité collective et diminue la transmission. »
Dr. Bianca Panda, gynécologue spécialiste chez MedLife Arad
Des études démontrent que la vaccination contre le VPH réduit l’incidence du cancer du col de l’utérus de 86 % chez les femmes vaccinées avant 16 ans (et de 68 % chez celles vaccinées entre 17 et 19 ans). Une autre étude suggère qu’une vaccination des filles combinée à un dépistage périodique peut réduire considérablement (jusqu’à 90 %) l’incidence du cancer du col de l’utérus sur plusieurs décennies.
« La vaccination et le dépistage régulier sont les méthodes de prévention les plus efficaces. Le VPH est extrêmement courant, mais le cancer du col de l’utérus est évitable à presque 100 % lorsque nous détectons les lésions à un stade précoce. » conclut la Dr. Panda.
(Article contribué par MedLife)

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