Publié le 26 octobre 2023. L’inauguration d’une usine de pneus en Malaisie a suscité une polémique en raison de l’utilisation de caractères chinois sur la pierre angulaire, ravivant les tensions autour de l’identité nationale et de la politique linguistique dans le pays.
- Une usine de pneus chinoise, Prinx Tire Malaysia, a posé sa première pierre à Kedah avec une inscription en chinois, provoquant des réactions négatives.
- Le Parti islamique pan-malaisien (PAS), au pouvoir dans l’État de Kedah, est accusé d’appliquer un double standard concernant l’usage des langues.
- Les autorités locales défendent cette décision, arguant qu’elle témoigne du respect des investisseurs étrangers.
La cérémonie d’inauguration de Prinx Tire Malaysia, filiale du fabricant chinois Prinx Chengshan, a été le théâtre d’une controverse inattendue. Des photos de la pierre angulaire, portant une inscription en caractères chinois, ont rapidement circulé sur les réseaux sociaux, déclenchant un débat passionné. L’usine, située dans la zone industrielle de Kedah Rubber City (KRC), représente un investissement de 2,6 milliards de ringgits (627 millions de dollars américains) et constitue le premier projet majeur de KRC.
Les critiques en ligne se sont concentrées sur le fait que le PAS, qui a régulièrement plaidé pour une utilisation plus stricte du malais et de l’écriture Jawi (d’origine arabe), semble faire preuve de complaisance envers l’utilisation du chinois. Un commentaire particulièrement partagé sur les réseaux sociaux dénonçait cette situation, estimant que le parti islamiste était hypocrite. “Même la première pierre est en chinois. Le PAS prétend défendre Jawi – quelle bande de menteurs, phui. Si cela se produisait à Penang ou à Selangor, leurs partisans crieraient sans arrêt”, pouvait-on lire.
Haim Hilman Abdullah, conseiller exécutif de l’État chargé de l’industrie et de l’investissement et membre du comité central du PAS, a défendu la décision. Dans une publication sur les réseaux sociaux, il a précisé que la pierre angulaire comportait également un texte en malais et que tous les discours officiels lors de la cérémonie avaient été prononcés dans la langue nationale. Il a appelé le public à « ne pas s’inquiéter » de l’inscription chinoise, expliquant qu’elle signifiait simplement « jeter les bases » et soulignant l’importance de faire preuve de respect mutuel envers les investisseurs étrangers.
« Il est important de ne pas s’inquiéter de l’inscription chinoise, qui indique simplement ‘jeter les bases’. La Malaisie doit faire preuve de respect mutuel lorsqu’elle accueille des investisseurs étrangers. »
Haim Hilman Abdullah, conseiller exécutif de l’État chargé de l’industrie et de l’investissement
Cette controverse intervient dans un contexte de sensibilité accrue aux questions d’identité nationale et de politique linguistique en Malaisie. L’utilisation des langues autres que le malais, en particulier le chinois et le tamoul, est souvent source de débats et de tensions.


