Le ministre allemand de la Défense, Boris Pistorius, a mis en garde contre une escalade des provocations russes, notamment par le biais de drones et d’avions de chasse, tout en réaffirmant l’engagement de l’Allemagne envers la sécurité de ses alliés de l’OTAN, en particulier dans les pays baltes. Sa visite, axée sur le renforcement de la présence militaire allemande en Lituanie, intervient dans un contexte de tensions accrues avec Moscou.
Lors du Forum de sécurité de Varsovie, Pistorius a dénoncé la Russie comme la « menace la plus grande et la plus immédiate » pour l’OTAN, une situation qui, selon lui, ne devrait pas changer dans un avenir prévisible. Il a particulièrement critiqué les récentes violations de l’espace aérien polonais et estonien par des drones russes, ainsi que les incursions de Moscou dans l’espace aérien de l’OTAN au-dessus de la mer Baltique.
« C’est inacceptable », a déclaré le ministre allemand, qualifiant ces actions de « violation du droit international » et de « provocation irresponsable » susceptibles de mener à des « malentendus très dangereux ». Il a accusé le président Vladimir Poutine de chercher délibérément à déstabiliser la sécurité européenne et l’intégrité territoriale des nations européennes.
Pistorius a souligné la réponse de l’OTAN, qu’il a décrite comme caractérisée par la « clarté, l’unité, la détermination et la prudence ». Cependant, il a fait écho aux préoccupations exprimées par l’ancien général Ben Hodges, qui a souligné dans un article que l’alliance n’était pas suffisamment préparée à faire face à des menaces impliquant des drones à faible coût, pour lesquels le déploiement d’avions de chasse serait économiquement irrationnel (une mission de chasse à jet coûte environ 9 millions d’euros par jour, alors qu’un drone peut coûter entre 20 000 $ et 50 000 $ (environ 18 500 € et 46 000 €)).
Au cours de sa visite en Lituanie, Pistorius a inauguré le centre logistique de soutien permanent (PLSA) destiné à la brigade de la Bundeswehr stationnée dans le pays. L’Allemagne s’est engagée à déployer une brigade blindée « prête au combat » d’environ 5 000 soldats en Lituanie d’ici 2027, démontrant ainsi son engagement envers la sécurité des États baltes.
Par ailleurs, Pistorius a réaffirmé le soutien de l’Allemagne à l’Ukraine, annonçant la livraison de deux systèmes de défense Patriot supplémentaires à Kiev d’ici 2026, avec le soutien de la Norvège. « Nous voulons que l’Ukraine puisse se défendre contre les menaces futures », a-t-il déclaré, insistant sur la nécessité d’un « soutien durable » pour assurer la « résilience, les opportunités et une croissance inclusive » du pays.
Il a également plaidé pour un renforcement de la coopération entre les industries de défense ukrainiennes et européennes, soulignant la nécessité d’un « cadre réglementaire beaucoup plus flexible » au sein de l’Union européenne. Pistorius a insisté sur le fait que la sécurité de l’Ukraine est dans l’intérêt stratégique de l’Europe, d’autant plus que les États-Unis semblent se concentrer sur d’autres régions du monde.
En conclusion, Pistorius a exprimé son désir de paix, tout en reconnaissant que, dans le contexte actuel, il s’agissait d’un « vœu pieux ». Il a rappelé que les efforts diplomatiques n’avaient pas encore abouti à des avancées significatives et que la Russie continuait sa guerre contre l’Ukraine, avec des conséquences dévastatrices pour la population civile. Il a mentionné les récentes attaques russes qui ont fait au moins trois morts et 76 blessés.
