Publié le 20 octobre 2025 19:09:00. La réouverture du sentier côtier reliant Bray et Greystones, fermé depuis cinq ans en raison de l’érosion, est au cœur d’une vive polémique. Des entreprises locales et des associations mettent la pression sur le Conseil du comté de Wicklow, accusé de lenteur et de manque d’engagement.
- Des commerçants de Bray et Greystones dénoncent une baisse significative de leur chiffre d’affaires depuis la fermeture du sentier.
- Les représentants des “Amis de Cliff Walk” (Friends of the Cliff Walk) proposent des solutions concrètes, mais se sentent ignorés par les autorités locales.
- La question de la responsabilité de la promenade sur la falaise pourrait être retirée du mandat du Conseil du comté de Wicklow si aucune avancée n’est constatée.
Une réunion publique, tenue lundi soir au Greystones Sailing Club, a révélé le mécontentement croissant des acteurs économiques et de la communauté face à l’immobilisme du Conseil du comté de Wicklow concernant la réouverture du sentier côtier entre Bray et Greystones. Fermé il y a cinq ans en raison de l’érosion côtière, ce parcours pédestre très fréquenté est considéré comme vital pour l’attractivité touristique et le dynamisme commercial de la région.
Alison Banton, de Brooke & Shoals, fabricant de bougies et de diffuseurs parfumés, a exprimé la frustration de vingt entreprises locales, soulignant la perte de « fréquentation extérieure » qu’elles subissent. Darragh Flynn, du café Happy Pear et de l’entreprise de produits diététiques basée à Greystones, a quant à lui relayé les critiques formulées par son frère Stephen sur les réseaux sociaux, affirmant que leur entreprise, qui emploie 80 personnes, avait enregistré une baisse de ses échanges commerciaux de 20 à 30 pour cent.
Mark Atkins, gérant d’un café dans le port de Greystones, a rappelé que le sentier accueillait autrefois 350 000 piétons par an, et que la perte économique était considérable. Il a appelé le directeur général du Conseil du comté de Wicklow à « intensifier ses efforts, à prendre en compte le rapport du consultant et à donner satisfaction aux Amis de Cliff Walk ». RPS Consultants avait été mandaté par le conseil pour fournir des conseils en ingénierie concernant le sentier.
La conseillère locale Orla Finn a reconnu lors de la réunion que la fermeture du sentier avait été motivée par de « sérieuses raisons », notamment des préoccupations liées à la sécurité, comme le souligne le rapport du consultant. Elle a cependant insisté sur la nécessité de privilégier la sécurité avant tout.
La conseillère Louise Fenelon Gaskin a défendu l’action des élus locaux, affirmant qu’ils avaient soulevé la question du rapport du consultant auprès de la direction du conseil. Elle a cité une transcription d’une récente réunion du conseil, où la directrice générale, Emer O’Gorman, avait déclaré avoir rencontré le vice-Premier ministre et député local Simon Harris à ce sujet.
« M. Harris m’a beaucoup soutenu lorsque je l’ai rencontré, avant de me demander de combien de zéros j’avais besoin »
Emer O’Gorman, directrice générale du Conseil du comté de Wicklow
Cette déclaration, interprétée comme une allusion au coût des travaux d’ingénierie nécessaires, a suscité des réactions parmi les participants à la réunion. Plusieurs intervenants ont remis en question le manque d’enthousiasme perçu du Conseil du comté de Wicklow à l’égard des solutions proposées dans le rapport du consultant.
Un intervenant a souligné que l’inaction du conseil pourrait également entraîner des risques de responsabilité, car les falaises instables pourraient s’effondrer sur les promeneurs empruntant la plage en contrebas. Il a insisté sur le fait que « ne rien faire ne constitue pas une défense contre la responsabilité » et a appelé à une prise de conscience de ce point par le conseil.
Peter Murtagh, ancien journaliste de l’Irish Times et membre des “Amis de Cliff Walk”, a affirmé que le rapport du consultant démontrait clairement qu’il n’existait « pas d’obstacles majeurs » à la réouverture du sentier. Il a présenté une solution envisageable, consistant à déplacer le chemin de quelques mètres vers l’intérieur des terres sur une portion du tracé, près de Greystones. Il a précisé que l’association avait envoyé une « lettre raisonnablement chaleureuse » à Mme O’Gorman en juin, exposant cette proposition et sollicitant son soutien, mais n’avait reçu aucune réponse.
M. Murtagh a conclu en indiquant que les “Amis de Cliff Walk” pourraient, à terme, demander le transfert de la responsabilité du sentier à une autre agence d’État « si le conseil ne remplit pas les obligations qui lui incombent ».
