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Afrique: L’OMS appelle à agir d’urgence alors que le nombre de cas de cancer devrait presque doubler d’ici à 2050

by Sophie Martin
L'Asie et l'Europe face à des charges disproportionnées

L’Organisation mondiale de la Santé (OMS) a alerté, ce 8 juillet 2026, que le nombre de cas de cancer pourrait atteindre 35 millions par an d’ici 2050. Ce quasi-doublement s’accompagne d’inégalités critiques d’accès aux soins, où la survie dépend encore trop souvent des revenus ou du lieu de naissance des patients.

Le constat est brutal. Selon un rapport publié par l’Organisation mondiale de la Santé, le cancer cause aujourd’hui plus de 26 000 décès par jour. Avec environ 20,6 millions de nouveaux cas et près de 10 millions de morts chaque année, la maladie s’impose comme la deuxième cause de mortalité mondiale, juste derrière les maladies cardiovasculaires.

L’ombre du futur est encore plus menaçante. Si aucune action urgente n’est entreprise, la projection pour 2050 grimpe à 35 millions de cas annuels. Le Rapport mondial de situation de l’OMS sur le cancer 2026, élaboré avec le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC), souligne que l’engagement politique et les investissements actuels ne suffisent pas à inverser cette courbe.

L’Asie et l’Europe face à des charges disproportionnées

La répartition géographique du cancer révèle des disparités frappantes. En 2024, l’Asie concentrait la majorité du fardeau mondial avec 50,7 % des nouveaux cas et 56,5 % des décès. À l’opposé, l’Europe présente un profil paradoxal : elle ne représente que 9 % de la population mondiale, mais supporte 21 % des cas et 20 % des décès.

Cette concentration européenne souligne un impact disproportionné, tandis que plusieurs pays d’Afrique et d’Asie affichent une incidence plus faible, mais une mortalité qui reste alarmante faute de moyens de diagnostic et de traitement.

Le coût humain et financier : quand le soin devient un luxe

L’accès aux soins n’est pas une question de science, mais de géographie et de portefeuille. Upday News rapporte que pour les femmes atteintes d’un cancer du sein, le taux de survie à cinq ans s’élève à 87 % dans les pays à revenu élevé, contre seulement 42 % dans les pays à revenu faible.

“Le cancer est une maladie très personnelle, qui touche presque chacun d’entre nous. Mais la survie d’un malade ne devrait jamais dépendre de son lieu de naissance ou de ses revenus”
Dr Tedros Adhanom Ghebreyesus, Directeur général de l’OMS

Au-delà de la survie, la maladie agit comme un accélérateur de pauvreté. Une enquête de l’OMS révèle que 45 % des patients font face à de graves difficultés financières. Plus inquiétant encore, plus de la moitié des patients et de leurs familles subissent des dépenses de santé qualifiées de catastrophiques. Dans certains contextes, le poids financier est tel que des patients abandonnent leurs soins avant la fin du traitement.

Le traumatisme n’est pas seulement matériel. Plus de 50 % des patients signalent des problèmes de santé mentale et une perte de relations personnelles proches. Quant aux aidants, la quasi-totalité d’entre eux font état de tensions liées à l’isolement social et au fardeau du travail de soins non rémunéré.

Prévention : le recul du tabac face à la montée de l’obésité

L’espoir réside dans les facteurs évitables, qui sont à l’origine de près de quatre nouveaux cas sur dix dans le monde. Le tabagisme, principal moteur du cancer du poumon, est en net recul : le nombre de fumeurs a chuté de 27 % depuis 2010. Parallèlement, la vaccination contre le VPH a ouvert une voie réelle vers l’élimination du cancer du col de l’utérus, même si la couverture vaccinale reste insuffisante pour atteindre les objectifs fixés.

Cependant, d’autres risques progressent. L’Avenir souligne que la consommation d’alcool, l’obésité et la sédentarité continuent d’augmenter, neutralisant une partie des gains obtenus par la lutte antitabac.

“Le principal fossé n’est plus un fossé de connaissances, mais un fossé entre ce que nous savons et ce que nous faisons”
Rapport mondial de situation de l’OMS sur le cancer 2026

Isabelle Soerjomataram, spécialiste de surveillance du CIRC, avertit que les progrès dans la réduction des taux de cancer restent trop lents, malgré la mise en place de politiques de prévention dans certains pays.

L’urgence d’un système de santé centré sur l’individu

Pour briser cette trajectoire, l’OMS prône un changement de paradigme : passer d’un traitement purement médical à une approche centrée sur la personne. Cela implique d’intégrer la prise en charge des besoins économiques, psychologiques et sociaux des familles.

Le cadre politique évolue, mais lentement. Le nombre de pays disposant de plans nationaux de contrôle du cancer est passé de 50 % en 2010 à une majorité aujourd’hui. Dans les pays riches, les programmes de détection précoce identifient la plupart des cancers du sein, et les femmes bénéficient de dépistages pour le cancer du col de l’utérus. Pourtant, la couverture sanitaire universelle incluant la prise en charge du cancer concerne encore moins d’un pays sur trois.

L’enjeu pour les prochaines années sera de transformer ces plans nationaux en résultats concrets pour les populations les plus fragiles. L’expert de l’OMS, André Ilbawi, rappelle que si les nouvelles technologies de traitement sont prometteuses, elles restent inaccessibles pour une grande partie de la population mondiale.

Note : Cet article est fourni à titre informatif. Pour tout diagnostic, traitement ou conseil médical, veuillez consulter un professionnel de santé qualifié.

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Photo: upday News

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