Publié le 9 janvier 2026 06:10:00. À 35 ans, une femme se retrouve confrontée à une pression sociale et médicale concernant sa fertilité, une réalité qui se heurte aux contraintes économiques et personnelles qui poussent de plus en plus de femmes à reporter leur projet de maternité.
- L’auteure relate son expérience dans les cliniques de fécondation in vitro (FIV) et son questionnement face aux discours alarmistes sur la baisse de la fertilité après 35 ans.
- Elle souligne le coût élevé de la congélation des ovocytes et les difficultés financières qui contraignent de nombreuses femmes à choisir entre un projet de vie et une sécurité financière.
- L’article met en lumière le lien entre la crise du logement et le report de la maternité, remettant en question l’idée d’un « choix » individuel.
À 35 ans, l’auteure estime avoir atteint l’âge où, selon certains, les femmes doivent commencer à s’inquiéter de leur fertilité. Un cap symbolique qui coïncide avec une prise de conscience des réalités économiques et sociales qui pèsent sur les femmes d’aujourd’hui. Loin de l’angoisse prédictible, elle ressent un mélange d’énergie et de lucidité, mais aussi une certaine frustration face aux injonctions contradictoires qui lui sont adressées.
Elle décrit son parcours dans plusieurs cliniques de FIV, où elle a été confrontée à une atmosphère paradoxale : une musique relaxante censée apaiser les angoisses, contrastant avec la tension palpable et l’enjeu crucial pour les couples en attente. À chaque visite, elle recevait des conseils divergents concernant la congélation des ovocytes. Certains professionnels la pressaient de se décider rapidement, tandis que d’autres minimisaient les risques.
L’industrie de la procréation médicalement assistée (PMA) se nourrit, selon elle, des peurs et des désirs des femmes, sans pour autant offrir de garanties. Elle observe également un marketing agressif ciblant les jeunes femmes sur les réseaux sociaux, les incitant à congeler leurs ovocytes « par précaution », alors que les taux de réussite de cette procédure restent incertains. La fécondation in vitro représente un investissement financier conséquent, accessible uniquement à ceux qui disposent de ressources suffisantes.
Pour l’auteure, l’argent est un facteur déterminant dans la décision d’avoir ou non un enfant. Elle a elle-même reporté son projet de maternité pour pouvoir investir dans l’achat d’une maison, consciente que la banque pénaliserait sa capacité d’emprunt si elle était déjà mère. Elle se sent parfois jugée pour ce choix, mais elle refuse de céder à la culpabilité. Pour elle, il est illusoire de prétendre que toutes les femmes ont les mêmes opportunités et les mêmes moyens.
Issue d’un milieu modeste, elle est la première femme de sa famille à avoir terminé ses études secondaires et à avoir accédé à l’université. Elle a pu bénéficier d’une certaine liberté financière, mais elle est consciente que ce privilège reste exceptionnel. Dans sa famille, les femmes ont toujours eu des enfants jeunes, souvent dans des conditions précaires. Elle se souvient que la mère la plus âgée de sa classe de maternelle avait 35 ans.
Elle souligne que les critiques adressées aux femmes qui « tardent à avoir des enfants » sont souvent formulées par les mêmes personnes qui dénoncent la dépendance à l’aide sociale. Elle estime qu’il est nécessaire de prendre en compte les réalités économiques et sociales qui contraignent de nombreuses femmes à reporter leur projet de maternité. Dans le contexte actuel de crise du logement, il est illusoire de parler de « choix » individuel. La crise du logement est un facteur majeur qui influence les décisions des femmes en matière de maternité.
Si elle avait eu un enfant dans sa vingtaine, elle aurait été confrontée à des difficultés financières et à des listes d’attente interminables pour le logement. Elle ne juge pas les mères qui se trouvent dans cette situation, mais elle reconnaît ne pas avoir la force et la grâce nécessaires pour faire face à ces défis. Elle conclut en appelant à une prise de conscience collective des contraintes qui pèsent sur les femmes et à une remise en question des discours moralisateurs sur la maternité.
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