Publié le 26 novembre 2025 à 15h29. Les successions restent une source majeure de tensions familiales, mais des solutions existent pour anticiper les conflits, comme la donation entre vifs, à condition d’en évaluer soigneusement les implications fiscales.
- La donation de biens en vie peut éviter les querelles d’héritage, mais elle n’est pas toujours la solution la plus économique.
- La fiscalité des donations varie considérablement selon la nature du bien et la région.
- Il est crucial de formaliser les donations et les cessions d’usage pour éviter des complications juridiques.
Les partages inégaux, l’absence de testament, les problèmes liés aux biens communs ou les désaccords entre frères et sœurs sont autant de situations courantes qui peuvent surgir après le décès d’un proche. Ces conflits peuvent même briser des relations familiales à jamais. Face à cette réalité, de plus en plus de personnes cherchent à prévenir ces problèmes avant qu’ils ne surviennent.
L’une des solutions les plus fréquemment envisagées est la donation entre vifs. De nombreux parents décident d’anticiper le partage de leurs biens pour s’assurer que leurs enfants ne se disputeront pas à l’avenir. Cette planification patrimoniale permet d’éviter les conflits, de simplifier les démarches et d’offrir une tranquillité d’esprit aux parents. Cependant, prendre cette décision sans analyser les conséquences fiscales peut s’avérer plus coûteux qu’une succession traditionnelle.
Analyser les coûts de la donation
En pratique, le partage des biens de son vivant nécessite une étude approfondie, car la fiscalité varie en fonction du type de bien donné et de la région administrative. Parfois, ce qui semble être une bonne idée sur le plan émotionnel ou familial se transforme en un fardeau financier difficile à assumer tant pour les parents que pour les enfants. C’est pourquoi les experts recommandent d’évaluer chaque situation avec un conseil professionnel avant de se lancer.
De nombreux parents souhaitent éviter les disputes entre frères et sœurs au sujet de l’héritage d’une propriété. / INFORMACIÓN
À cet égard, l’avocat Antonio Martínez Lafuente a récemment expliqué à RTVE que « la majorité des parents qui décident de faire une donation le font par souci de planification patrimoniale ». En d’autres termes, pour organiser leur héritage et éviter que leurs enfants ne soient confrontés à une procédure complexe et potentiellement conflictuelle après leur décès. « L’avantage de donner les biens de son vivant est d’anticiper les problèmes. De plus, dans de nombreux cas, d’un point de vue économique, cela peut être moins cher qu’une succession, mais ce n’est pas toujours le cas », prévient-il.
Deux types de donations
Martínez Lafuente souligne qu’il existe deux types de donations et que leur traitement fiscal est différent. D’une part, s’il s’agit du logement principal des parents, l’impact économique est moindre, car seule la plus-value municipale s’applique, une taxe qui serait payée par l’enfant qui reçoit le bien. Cependant, si la donation concerne une résidence secondaire, comme une maison à la campagne ou au bord de la mer, l’opération peut entraîner jusqu’à trois taxes distinctes : l’impôt sur le revenu pour les parents, la plus-value municipale et l’impôt sur les donations pour les enfants.

Dans certains cas, les héritages doivent être inclus dans les revenus. / ShutterStock
« Dans le cas des biens anciens, donner peut représenter une lourde charge fiscale pour les parents », explique l’avocat. Pourquoi ? Parce que si la valeur du bien a fortement augmenté depuis son achat, l’administration fiscale considérera qu’il y a eu une plus-value, qui sera imposée sur le revenu du donateur. Cela peut représenter des milliers d’euros d’impôts, de sorte que dans ces cas, il pourrait être plus judicieux d’attendre la succession. « Il faut faire ses comptes : parfois donner aujourd’hui est plus cher qu’hériter demain », souligne Antonio Martínez.
Outre les aspects fiscaux, le juriste met également en garde contre une pratique qui peut entraîner des conséquences juridiques : permettre aux enfants de vivre dans le logement avant le décès des parents sans avoir formalisé la donation ou une cession d’usage. « De nombreuses familles le font de manière informelle, mais cela peut poser des problèmes. Juridiquement, ces enfants peuvent être considérés comme des occupants sans titre valable, ce qui complique les démarches futures et peut même affecter les autres héritiers », précise-t-il.
