Publié le 3 janvier 2026. L’Indonésie abrite une espèce d’anguille dont la teneur en oméga-3 dépasse celle du saumon, une découverte qui pourrait transformer la gestion des ressources halieutiques et l’industrie de la pêche dans l’archipel.
- L’anguille indonésienne possède une concentration en oméga-3 (DHA et EPA) supérieure à celle du saumon et de la tête de serpent.
- La surexploitation de l’anguille menace ses populations et nécessite une gestion durable.
- Le gouvernement indonésien a mis en place des quotas de capture et une taille minimale d’exportation pour protéger cette ressource.
Une étude récente de l’Agence nationale de recherche et d’innovation (BRIN) révèle que l’anguille indonésienne est la source la plus riche en oméga-3 au monde, remettant en question l’idée reçue selon laquelle le saumon et le poisson à tête de serpent sont les champions de cet acide gras essentiel. Girl Sri Haryani, chercheuse experte principale au Centre de recherche en limnologie et sur les ressources en eau du BRIN, a expliqué que les analyses ont démontré une valeur nutritionnelle supérieure pour l’anguille.
« Jusqu’à présent, nous avons toujours pensé que le saumon était le plus riche en oméga-3, mais il s’avère que l’anguille a en réalité la valeur nutritionnelle la plus élevée. »
Girl Sri Haryani, chercheuse experte principale au Centre de recherche en limnologie et sur les ressources en eau BRIN
L’anguille est particulièrement riche en DHA (acide docosahexaénoïque), crucial pour le développement et le fonctionnement du cerveau humain, ainsi qu’en EPA (acide eicosapentaénoïque), reconnu pour ses propriétés anti-inflammatoires et son rôle dans la santé cardiovasculaire. Elle contient également des quantités importantes de vitamine A, de vitamines B, de fer, de protéines, de calories et de phosphore.
Cependant, cette ressource précieuse est menacée par la surpêche et la dégradation de son habitat. Les chercheurs du BRIN soulignent la nécessité d’une approche de gestion durable et basée sur des données scientifiques pour éviter l’épuisement des populations d’anguilles, qui représentent un potentiel économique stratégique pour l’Indonésie. Le cycle de vie particulier de l’anguille, dit catadrome – où les larves se développent en mer avant de remonter les rivières – la rend particulièrement vulnérable aux perturbations environnementales.
Le ministère des Affaires maritimes et de la Pêche (KKP) a réagi en instaurant des quotas de capture et en fixant une taille minimale d’exportation de 150 grammes par individu. L’objectif est de réduire la pression sur les populations sauvages et de favoriser le développement de l’aquaculture. Néanmoins, l’efficacité de cette politique est freinée par des capacités limitées de grossissement et d’écloserie, la dépendance aux aliments importés et un manque de coordination entre les différents acteurs.
Pour Girl Sri Haryani, une gouvernance écologique solide est essentielle pour assurer la pérennité de l’industrie de l’anguille. Cela implique la mise en œuvre de plans d’action nationaux, la conservation basée sur des preuves scientifiques et la protection des écosystèmes aquatiques. L’ambition est de transformer l’Indonésie d’un simple exportateur de matières premières en un producteur de produits à haute valeur ajoutée, grâce à l’aquaculture et à l’industrie de transformation.
« L’utilisation responsable des anguilles créera de la valeur ajoutée tout en préservant les mers et les eaux douces de l’Indonésie en tant que fondement de l’avenir de la nation. »
Girl Sri Haryani, chercheuse experte principale au Centre de recherche en limnologie et sur les ressources en eau BRIN
En préservant les populations d’anguilles et en assurant leur gestion durable, l’Indonésie pourrait non seulement protéger son écosystème, mais aussi stimuler son économie et renforcer sa position sur le marché mondial.
Photo de : Poisson anguille. (Doc. Freepik)