Publié le 13 janvier 2024 18h26. La musique et les publicités entretiennent une relation de longue date, mais c’est sur Internet que les chansons subissent une transformation culturelle unique, souvent imprévisible, grâce aux mèmes et aux détournements créatifs des utilisateurs.
Si les placements de produits musicaux dans les publicités ne sont pas un phénomène nouveau – qui ne se souvient pas de la chanson « Woo Hoo » des 5.6.7.8. associée à Vonage au début des années 2000 ? – Internet a amplifié et complexifié cette dynamique. Les mèmes, les publications sur les réseaux sociaux et les vidéos en ligne ont la capacité de modifier durablement notre perception d’une chanson, lui conférant de nouvelles significations et associations.
« Get Lucky » de Daft Punk
Sorti en 2013 avec la participation de Pharrell Williams et Nile Rodgers, « Get Lucky » de Daft Punk a connu une seconde vie grâce à Internet. Un détournement particulièrement amusant, apparu sur Tumblr à l’époque, a remplacé les paroles originales par une ode à l’affection canine : « Elle reste debout toute la nuit pour caresser les chiens / Je suis debout toute la nuit pour caresser les chiens / Nous sommes debout toute la nuit pour caresser les chiens / Nous sommes debout toute la nuit pour caresser les chiots. » L’image originale témoigne de cette créativité débridée.
« Hallelujah » de Leonard Cohen
Le poignant « Hallelujah » de Leonard Cohen, popularisé par les reprises de John Cale et Jeff Buckley, a également été réinterprété de manière inattendue sur Internet. La version « Cold and Broken Waluigi », qui remplace le mot « alléluia » par le nom du personnage de Nintendo, est devenue un phénomène viral. Cette version, issue d’une modification de la reprise de Rufus Wainwright, est devenue un hymne inattendu pour les moments difficiles.
« Mme Jackson » par Outkast
Considéré comme un classique du hip-hop, « Mme Jackson » d’Outkast a été transformé par un tweet humoristique qui a modifié la perception immédiate de la chanson. Au lieu d’entendre les paroles originales, beaucoup ne peuvent s’empêcher de chanter : « Je suis désolé Mme Jackson (oooh), je suis quatre anguilles / Je n’ai jamais voulu faire pleurer votre fille / Je suis plusieurs poissons et pas un gars. » Le tweet original a inspiré une bande dessinée à quatre cases réalisée par l’artiste Dami Lee, ajoutant une nouvelle couche d’humour à ce détournement.
« M. Sandman » des Chordettes
La douce ballade de 1954 des Chordettes, « M. Sandman », a connu un regain de popularité grâce aux mèmes Internet. Parmi les nombreuses variations, l’une d’elles est particulièrement marquante : « M. Email / Envoyez-moi un mail / Faites la pièce jointe / Une photo d’escargot. » Ce détournement est resté gravé dans la mémoire de nombreux internautes.
Photo de Karl Walter/Getty Images
