Publié le 20 octobre 2025 à 20h02. À la veille du dernier débat télévisé de la campagne présidentielle, les attaques du parti Fine Gael contre Catherine Connolly s’intensifient, l’accusant d’hypocrisie en raison de son passé d’avocate pour des banques impliquées dans des saisies immobilières.
- Le parti Fine Gael accuse Catherine Connolly d’avoir défendu les intérêts des banques tout en critiquant leurs pratiques et en plaidant pour un moratoire sur les expulsions.
- Des membres du parti Fine Gael expriment des réserves quant à la stratégie agressive adoptée, la jugeant contre-productive et déconnectée des préoccupations des Irlandais.
- Catherine Connolly dénonce une campagne de peur orchestrée par un parti Fine Gael « terrifié » par sa dynamique et déconnecté des réalités sociales.
La campagne présidentielle irlandaise entre dans sa phase finale sous tension, marquée par une offensive du parti Fine Gael contre Catherine Connolly. L’accusation centrale porte sur la période où Mme Connolly exerçait la profession d’avocate, notamment son implication dans des dossiers de reprise de possession de logements pour le compte de banques. Le parti a diffusé des extraits de médias locaux datant de l’époque où Mme Connolly, alors conseillère municipale à Galway, critiquait vivement la crise du logement et les politiques gouvernementales.
Selon Fine Gael, ces prises de position contrastent avec son rôle d’avocate défendant les intérêts des banques dans des procédures de saisie. Jennifer Carroll MacNeill, ministre de la Santé, s’est interrogée sur le fait que Mme Connolly n’ait pas déclaré ces conflits d’intérêts lorsqu’elle a abordé la question au Dáil, le parlement irlandais.
Heather Humphreys, candidate du Fine Gael, a souligné l’incohérence perçue dans l’attitude de Mme Connolly :
« Je n’attaque pas le travail d’avocate de Catherine, je souligne son hypocrisie en tant que politicienne. Elle a critiqué les mêmes banques pour lesquelles elle a repris possession des maisons. Je souligne l’hypocrisie de travailler pour les banques devant les tribunaux pour reprendre possession des maisons et de dire quelque chose de différent dans la salle du conseil de Galway ou dans la chambre du Dáil. »
Mme Connolly a fermement rejeté ces accusations, qualifiant la stratégie du Fine Gael de « tactique de peur » et affirmant que le parti était « absolument terrifié » par sa campagne. Elle a également demandé à Mme Humphreys de retirer ses propos suggérant qu’elle avait profité du malheur des gens.
« J’ai vu des tribunaux bondés, j’ai vu les conséquences des politiques gouvernementales, sauvant les banques. J’ai vu des gens être expulsés de leurs maisons, conséquence directe de la politique gouvernementale. J’ai vu les greffiers des comtés se mettre en quatre pour ne pas expulser les gens de leurs maisons et trouver tous les moyens possibles pour éviter cela. »
La candidate a insisté sur le fait que les saisies immobilières étaient la conséquence directe des politiques gouvernementales mises en œuvre après la crise financière. Elle a également rappelé que, pendant cette période, elle avait été témoin des difficultés rencontrées par de nombreuses familles et des efforts déployés par les agents des tribunaux pour éviter les expulsions.
Parallèlement, des voix s’élèvent au sein même du Fine Gael pour remettre en question la pertinence de cette attaque frontale. Un député, sous couvert d’anonymat, a exprimé son inquiétude face à la polarisation de la politique irlandaise et a critiqué l’utilisation de vidéos jugées « à l’américaine » et « peu recommandables » pour dénigrer Mme Connolly.
Heather Humphreys a également été interpellée sur les pratiques de la coopérative de crédit de Cootehill, dont elle était administratrice. Elle a affirmé que les mesures prises par la coopérative étaient toujours un dernier recours et qu’aucun logement n’avait été saisi pendant son mandat.
Malgré les critiques, Mme Humphreys reste convaincue de ses chances de victoire, même si elle se présente comme l’outsider de cette élection. Catherine Connolly, quant à elle, se positionne comme le porte-parole d’un « mouvement » qui dépasse sa propre personne et qui rassemble des électeurs de tous horizons.
