Publié le 27 octobre 2025 à 06h03. L’élection surprise de Catherine Connolly à la présidence irlandaise provoque déjà des remous politiques, avec des appels à un renouvellement des stratégies de gauche et une remise en question de la direction du Fianna Fáil.
- La victoire de Catherine Connolly est perçue par la gauche comme une preuve de la force de l’unité et de la possibilité de vaincre les partis traditionnels.
- Mary Lou McDonald, cheffe de Sinn Féin, a salué ce résultat et annoncé que son parti présenterait un candidat aux prochaines élections partielles de Galway West.
- Des membres du Fianna Fáil remettent en question la direction de Michael Martin suite à une campagne électorale jugée désastreuse.
La victoire écrasante de Catherine Connolly à l’élection présidentielle irlandaise a immédiatement déclenché une onde de choc dans le paysage politique irlandais. Les partis de gauche y voient un signal fort, tandis que le Fianna Fáil est confronté à des interrogations internes sur son avenir.
Mary Lou McDonald, présidente de Sinn Féin, a interprété le résultat comme une démonstration du potentiel de la gauche lorsqu’elle agit de concert.
« Lorsque nous nous réunissons, lorsque nous travaillons en collaboration, lorsque nous nous défendons les uns les autres, nous pouvons gagner »
Mary Lou McDonald, présidente de Sinn Féin
Elle a également confirmé que son parti présenterait un candidat lors des prochaines élections partielles dans la circonscription de Galway West.
D’autres figures de la gauche ont fait part d’un sentiment similaire. Holly Cairns, cheffe des sociaux-démocrates, a déclaré que « le changement ne s’arrête pas là ». Paul Murphy, député du parti People Before Profit-Solidarity, a quant à lui plaidé pour une « grande conférence de la gauche » afin de définir les prochaines étapes de la coopération.
Pour le Fianna Fáil, la défaite est amère et suscite des remises en question internes. Plusieurs députés ont ouvertement demandé une discussion sur l’avenir de Michael Martin à la tête du parti. John McGuinness, James O’Connor et John Lahart ont exprimé leur souhait de voir le parti réévaluer sa stratégie et sa direction.
John Lahart a souligné la gravité de la situation :
« Le Fianna Fáil a souffert. Il y a eu beaucoup de souffrance, d’embarras et d’humiliation. Un parti politique moderne ne peut pas se permettre de telles erreurs de jugement. »
John Lahart, député du Fianna Fáil
John McGuinness a qualifié la campagne électorale du Fianna Fáil de « désastre » et a estimé qu’un changement de leadership serait nécessaire « en temps voulu ».
Le taux de participation à l’élection présidentielle a été plus élevé que prévu, atteignant 45,8 % (contre 43,9 % en 2018). Un nombre significatif de votes nuls (13 %) témoigne d’un mécontentement croissant de l’électorat.
Catherine Connolly, après avoir été officiellement déclarée 10ème présidente de l’Irlande au château de Dublin, a promis d’être la présidente de tous les Irlandais, qu’ils aient voté pour elle ou non. Elle a également réaffirmé son engagement à défendre la neutralité irlandaise et à « façonner ensemble une nouvelle république ».
Heather Humphreys, candidate du Fine Gael, a obtenu 29,5 % des voix de première préférence, tandis que Jim Gavin, candidat du Fianna Fáil, a enregistré le plus mauvais score de son parti avec seulement 7,2 % des voix.
