Publié le 3 novembre 2025 08:23:00. Le gouvernement argentin tente de relancer une économie freinée par des taux d’intérêt élevés et une restriction du crédit, tout en gérant un échéancier de dette en pesos conséquent pour le mois de novembre.
- Le ministère de l’Économie a injecté 4,5 milliards de dollars sur le marché pour stabiliser les rendements obligataires.
- La Banque centrale de la République argentine (BCRA) a assoupli les exigences de réserves bancaires pour encourager les prêts.
- Un échéancier de dette en pesos de 25 milliards de dollars doit être honoré au cours du mois de novembre.
Après un mois d’octobre marqué par l’incertitude politique et les fluctuations des taux de change, l’administration de Javier Miley doit faire face à des échéances de dette importantes en pesos. Parallèlement, des mesures sont prises pour tenter de réactiver l’économie en allégeant les contraintes monétaires.
Depuis février, l’activité économique argentine a été affectée par une politique restrictive qui a limité la circulation des pesos, augmenté les taux d’intérêt et rendu l’accès au crédit plus difficile pour les entreprises. Pour inverser cette tendance, le ministère de l’Économie a mis en œuvre une série d’initiatives visant à normaliser le marché du peso.
Ces mesures comprennent le rachat d’obligations, le renouvellement partiel des engagements lors du dernier appel d’offres, et un léger assouplissement des réserves bancaires. L’objectif est de stimuler le crédit et de réduire les taux d’intérêt.
« La durée moyenne de la dette s’est améliorée par rapport aux derniers appels d’offres »
Federico García Martínez, économiste
Lors de l’enchère d’instruments en monnaie nationale qui s’est tenue mercredi dernier, le ministère des Finances a placé l’équivalent de 6,87 milliards de dollars sur une offre de 7,84 milliards de dollars, ce qui représente un roulement de 57,2 % sur les 11,8 milliards de dollars arrivant à échéance.
L’injection de 4,5 milliards de dollars par le ministère de l’Économie vise à stabiliser un marché caractérisé par une volatilité des rendements obligataires, due à un manque de liquidité.
L’offre a révélé une préférence pour les instruments à taux fixe et une baisse des taux moyens, avec un taux mensuel effectif pondéré de 2,87 %. Sur le segment à plus long terme, la série T30A7 a atteint un taux effectif mensuel de 2,55 %, ce qui représente une diminution par rapport aux tours précédents et reflète un coût financier plus faible et une plus grande extension des instruments.
Selon l’économiste Federico García Martínez, une augmentation relative de la demande a été observée pour les durées supérieures à cinq mois.
La décision de ne pas attribuer d’instruments indexés sur le dollar et de concentrer l’émission sur des titres à taux fixe a permis au Trésor de « donner un signal plus fort en matière de baisse des taux d’intérêt » et de renforcer le processus de stabilisation monétaire, selon l’analyste.
La Banque centrale de la République argentine (BCRA) a également joué un rôle important en régulant le montant des pesos en circulation et en accompagnant l’évolution des taux de marché à court et moyen terme.
La BCRA a annoncé que l’obligation pour les banques de maintenir un minimum de liquidités pour les dépôts à vue (comptes courants et comptes d’épargne) passerait d’une moyenne quotidienne à une moyenne mensuelle à partir de novembre, tout en maintenant un seuil d’intégration quotidien de 95 %.
Le calendrier d’expiration reste cependant difficile. Selon le cabinet de conseil Equilibra, les paiements en pesos aux banques et aux particuliers s’élèvent à 10,5 milliards de dollars le 5 novembre, suivis de 14,1 milliards de dollars le 26 novembre et de 12,6 milliards de dollars le 11 décembre. Parallèlement, le gouvernement doit verser plus de 800 millions de dollars au Fonds monétaire international et 400 millions de dollars supplémentaires aux organisations multilatérales.
Le marché surveille attentivement l’évolution des dépôts du Trésor à la BCRA, qui se situent actuellement autour de 9 800 milliards de dollars, après une baisse de près de 2 000 milliards de dollars en raison des rachats d’obligations. Ce montant représente un coussin de ressources pour faire face aux échéances à venir et approfondir la normalisation du système financier.
La fin de l’année s’annonce donc comme une période cruciale pour le gouvernement. La maturité de la dette et l’évolution de la demande de monnaie sont des facteurs clés de la stratégie économique, qui vise à améliorer l’accès au crédit et à relancer la consommation afin de stimuler l’économie.
