Publié le 27 décembre 2025 12:00:00. Des investissements chinois massifs en Hongrie, notamment dans le secteur des batteries électriques, suscitent des inquiétudes quant à leur impact environnemental et à la liberté d’expression, tandis que Pékin défend son initiative de la Ceinture et de la Route.
- L’ambassade américaine en Chine rejette l’idée que les investissements chinois violent les droits du peuple.
- En Hongrie, des universitaires et des militants dénoncent un manque de transparence et des procédures d’autorisation accélérées favorisant les projets chinois.
- Une militante hongroise, Katalin Kozma, est confrontée à une campagne de diffamation après avoir critiqué la construction d’une usine de batteries.
L’ambassade américaine en Chine a défendu l’initiative chinoise de la Ceinture et de la Route (BRI), un vaste programme d’investissement dans les infrastructures à l’étranger. Liu Pengyu, porte-parole de l’ambassade, a affirmé que la BRI vise à « faire progresser la coopération de la Chine avec les pays partenaires selon le principe du respect mutuel, de l’égalité et du bénéfice mutuel, pour les aider à développer leur économie et à se débarrasser de la pauvreté, qui est un droit humain dont ils ont plus besoin que tout autre ». Il a ainsi rejeté les accusations selon lesquelles ces investissements porteraient atteinte aux droits fondamentaux des populations locales.
Cependant, en Hongrie, la réalité sur le terrain semble plus complexe. Des universitaires et des défenseurs de l’environnement pointent du doigt un affaiblissement des contrôles environnementaux et des procédures d’autorisation simplifiées qui facilitent l’implantation d’entreprises chinoises. Le gouvernement d’Orbán a notamment supprimé le ministère de l’Environnement en 2010 et, selon les critiques, réprime de plus en plus la dissidence et les manifestations.
Katalin Kozma, une militante locale, est devenue le symbole de cette contestation. Après avoir commencé à dénoncer les conditions de construction d’une usine de batteries du géant chinois CATL (Contemporary Amperex Technology Co. Limited), elle a été la cible d’une campagne de dénigrement orchestrée sur les réseaux sociaux et par des médias proches du pouvoir. Des accusations infondées l’ont présentée comme une agente étrangère agissant contre les intérêts nationaux.
Malgré cette pression, Katalin Kozma ne s’est pas découragée. Lors d’une récente réunion publique, elle a lancé un appel à la mobilisation, exhortant les habitants à ne pas se laisser intimider.
« Ce que veulent les autorités, c’est faire croire aux gens qu’ils sont petits, qu’on ne peut rien faire. Si cela vous tient à cœur, vous êtes un agent, un traître. Vous voulez vous défendre ? Vous n’êtes qu’un petit morceau de poussière. Je te défendrai. »
Katalin Kozma, militante hongroise
L’usine de batteries CATL, située près de la ville de Mikepércs, illustre l’ampleur des investissements chinois en Hongrie. Le site, qui s’étend sur 546 acres (environ 220 hectares), est en pleine expansion. Des bâtiments industriels massifs, sans fenêtres, s’alignent déjà sur près de 800 mètres. D’autres constructions sont prévues, ainsi que des usines dédiées à la fabrication des composants essentiels des batteries : cathodes, boîtiers en aluminium, séparateurs, gaz… Il y a quelques années encore, ces terres étaient dédiées à l’agriculture.
Selon Tibor Nemes, vice-président du groupe Mikepércs, la construction de l’usine a eu des conséquences directes sur les infrastructures locales. Une ligne ferroviaire régionale, qui desservait la zone, a été fermée par les autorités car elle traversait le terrain de CATL.
