Publié le 23 novembre 2025 à 19h41. Contrairement aux idées reçues, la consommation modérée d’œufs et de café n’est pas à proscrire en cas de stéatose hépatique, une affection de plus en plus répandue, notamment chez les personnes obèses. Des experts expliquent comment ces aliments peuvent même s’intégrer à un régime alimentaire équilibré.
- Les œufs, riches en choline, pourraient avoir un effet protecteur sur le foie.
- Une consommation régulière de café (jusqu’à deux tasses par jour) est associée à une réduction de la fibrose hépatique.
- Le thé vert et le maté, consommés sans sucre, peuvent également être bénéfiques pour la santé du foie.
Longtemps considérés comme néfastes pour le foie, les œufs et le café font l’objet d’un réexamen par les spécialistes. La stéatose hépatique non alcoolique (NASH), caractérisée par l’accumulation de graisse dans les cellules hépatiques, touche une part croissante de la population, en particulier les personnes en surpoids (75 % des cas) et celles souffrant d’obésité sévère (90 % des cas), selon les données de l’ Institut national de la santé des États-Unis (NIH).
« Le mythe selon lequel les œufs endommagent le foie n’a plus de fondement scientifique actuel », explique Natalia Antar, nutritionniste à l’Hôpital britannique et à la Ligue argentine de lutte contre le cancer (LALCEC). « Les œufs sont riches en choline, un nutriment essentiel au métabolisme des graisses du foie et peuvent même avoir un rôle protecteur, à condition qu’ils soient inclus dans le cadre d’une alimentation équilibrée. Un œuf par jour correspond à ce qui est recommandé dans une alimentation saine, selon les guides internationaux. »
Concernant le café, les études sont encourageantes. « La consommation régulière de 2 tasses de café par jour est associée à moins de fibrose hépatique et à une moindre progression des lésions hépatiques chez les personnes atteintes de stéatose hépatique », précise l’experte. À condition, bien sûr, qu’il soit consommé sans sucre ni crème.
Le thé vert, riche en polyphénols de la famille des catéchines, présente également un potentiel hépatoprotecteur. « Si c’est sans sucre, ça peut être un allié », souligne Natalia Antar. Quant au maté, bien qu’il n’existe pas d’études spécifiques sur la stéatose hépatique, sa consommation modérée et sans sucre ne présente pas de contre-indications. « L’essentiel est de ne pas ajouter trop de sucre ou d’édulcorants et d’éviter les boissons trop chaudes », insiste-t-elle.
La nutritionniste conseille toutefois de limiter la consommation de ces boissons en cas de sensibilité à des problèmes gastriques ou à des troubles du sommeil.
La stéatose hépatique non alcoolique (NASH) peut évoluer vers une inflammation (stéatohépatite), une fibrose et, dans certains cas, une cirrhose. La plupart des personnes atteintes de cette maladie ne présentent aucun symptôme visible, mais une fatigue et un léger inconfort abdominal peuvent apparaître à des stades avancés. Le diagnostic repose sur des analyses de laboratoire et, parfois, une biopsie.
Il n’existe actuellement pas de médicaments spécifiques pour traiter la NASH, mais des essais cliniques sont en cours. Le traitement principal repose sur une modification des habitudes alimentaires et une perte de poids. Les experts recommandent d’adopter un régime de type méditerranéen, riche en graisses insaturées et pauvre en glucides raffinés. Il est conseillé de privilégier l’huile d’olive, les noix, les fruits, les légumes, les légumineuses et le poisson, tout en limitant les produits ultra-transformés, le pain blanc, le riz et les sucres ajoutés.
« La principale stratégie contre la stéatose hépatique est un changement de mode de vie », rappelle le NIH. Les personnes atteintes de diabète de type 2 et présentant une résistance à l’insuline sont particulièrement à risque et doivent bénéficier d’un suivi médical régulier.
Divers spécialistes et entités internationales, dont le NIH, identifient les aliments à éviter pour prévenir l’aggravation de la stéatose hépatique : produits ultra-transformés, boissons sucrées, viandes transformées, graisses trans et alcool.
La prévention et la détection précoce, grâce à des examens médicaux réguliers, sont essentielles, tout comme l’adoption d’un régime alimentaire adapté, en concertation avec une équipe de santé.
