Publié le 12 janvier 2026 11:56:00. Un nouvel indicateur, le « IMC métabolique » (MetBMI), révèle que des personnes de poids normal peuvent présenter un risque accru de maladies métaboliques, parfois jusqu’à cinq fois supérieur à celui des personnes suivies par l’indice de masse corporelle (IMC) traditionnel. Cette découverte, issue d’une étude de l’Université de Göteborg, met en lumière l’importance d’une évaluation plus précise de la santé métabolique.
- Le MetBMI identifie des changements métaboliques liés à l’obésité, même chez les personnes ayant un IMC considéré comme normal.
- Un MetBMI élevé est associé à un risque accru de stéatose hépatique, de diabète, d’obésité abdominale et de résistance à l’insuline.
- La composition du microbiote intestinal joue un rôle clé dans le MetBMI, avec une diversité réduite et une capacité diminuée à dégrader les fibres alimentaires chez les personnes à risque.
L’indice de masse corporelle (IMC), longtemps utilisé pour évaluer le poids d’une personne, s’avère parfois insuffisant pour prédire les risques liés aux maladies métaboliques. Basé uniquement sur la taille et le poids, il classe les individus en différentes catégories (insuffisance pondérale, poids normal, surpoids, obésité), mais ne tient pas compte des variations métaboliques internes.
L’étude, publiée dans la revue Nature Medicine, a analysé 1 408 participants et a mis en évidence que le MetBMI, développé par les chercheurs, offre une image plus précise de la santé métabolique qu’un simple calcul de l’IMC. Il repose sur des analyses métabolomiques avancées, mesurant des centaines de petites molécules dans le sang qui reflètent le fonctionnement cellulaire.
Les résultats indiquent qu’un MetBMI élevé est corrélé à un risque deux à cinq fois plus important de développer diverses affections, notamment la stéatose hépatique, le diabète, l’obésité abdominale et la résistance à l’insuline. Il peut également prédire une perte de poids limitée après une chirurgie bariatrique.
« Notre MetBMI révèle un trouble métabolique caché qui n’est pas toujours visible sur la balance. Deux personnes ayant le même IMC peuvent avoir des profils de risque complètement différents selon le fonctionnement de leur métabolisme et de leur tissu adipeux. »
Rima Chakaroun, chercheuse à l’Académie Sahlgrenska de l’Université de Göteborg et première auteure de l’étude
L’étude souligne également un lien étroit entre le MetBMI et la composition du microbiote intestinal. Les personnes présentant un MetBMI plus élevé affichent une diversité bactérienne réduite et une capacité diminuée à dégrader les fibres alimentaires en acide butyrique, un composé associé à la réduction de l’inflammation et à la prévention des maladies.
Selon Fredrik Bäckhed, professeur à l’Académie Sahlgrenska de l’Université de Göteborg, le MetBMI pourrait devenir un outil précieux pour identifier les individus souffrant d’obésité métaboliquement malsaine, même s’ils ne dépassent pas les seuils traditionnels de l’IMC.
« L’IMC traditionnel oublie souvent les personnes qui ont un poids normal mais un risque métabolique élevé. Le MetBMI peut contribuer à une évaluation plus juste et plus précise du risque de maladie et ainsi ouvrir la voie à une prévention et à un traitement plus personnalisés », explique-t-il.
Les chercheurs précisent que les facteurs génétiques semblent moins déterminants pour le MetBMI que le mode de vie et l’environnement, ce qui suggère que la santé métabolique peut être influencée positivement par l’alimentation, l’activité physique et la composition du microbiote intestinal.
« Les métabolites qui contribuent fortement à la prédiction du MetBMI sont en fait modulés ou produits par le microbiote intestinal, ce qui en fait une sorte de cadran métabolique », conclut Bäckhed.
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Référence du journal :
Chakaroun, RM, et al. (2026) Définition multiomique de l’obésité métabolique à travers les interactions tissu adipeux-microbiome. Nature Medicine. DOI : 10.1038/s41591-025-04009-7. https://www.nature.com/articles/s41591-025-04009-7
