Publié le 29 septembre 2025 à 23h12. Le plan de cessez-le-feu à Gaza proposé par les États-Unis suscite de vives critiques de la part du Hamas, qui exige des modifications substantielles concernant la fin des hostilités, le retrait israélien et le désarmement. Parallèlement, les combats se poursuivent dans la bande de Gaza, tandis que Washington renforce ses garanties de sécurité envers le Qatar.
- Le Hamas juge le plan de cessez-le-feu américain insuffisant et réclame des garanties internationales pour un arrêt durable des hostilités et un calendrier précis pour le retrait israélien.
- Les États-Unis ont signé un décret exécutif promettant de garantir la sécurité du Qatar, suite à des excuses israéliennes pour une frappe aérienne à Doha.
- Plusieurs navires de la flottille humanitaire Global Sumud ont été interceptés par Israël en Méditerranée, suscitant des inquiétudes internationales.
Le mouvement Hamas estime que la proposition de cessez-le-feu, élaborée « en étroite coopération avec Israël », contient des aspects positifs superficiels mais présente des « risques graves » pour la cause palestinienne. Une source proche du Hamas a déclaré que la réponse du mouvement dépendra de « modifications et de clarifications substantielles », notamment sur la question du désarmement, considéré comme un « problème existentiel ».
Selon cette source, le Hamas exige une cessation complète des hostilités, assortie de garanties internationales pour prévenir de nouvelles attaques, ainsi qu’un calendrier clair pour le retrait israélien de Gaza. La libération des captifs israéliens détenus par le Hamas serait conditionnée au processus de retrait, afin d’éviter qu’Israël ne se désengage de ses engagements après avoir récupéré ses prisonniers. Le mouvement souhaite également que la reconstruction de Gaza soit gérée par un organisme palestinien, et non par un conseil international.
L’analyste politique palestinien Hani Al-Masri, directeur du Masarat Center for Policy Studies, a mis en garde contre les « sérieux risques » du plan américain sous sa forme actuelle.
« Il accorde à Israël des gains immédiats et certains, tout en ne donnant aux Palestiniens que des promesses vagues et retardées. »
Hani Al-Masri, directeur du Masarat Center for Policy Studies
Il craint que cette proposition ne serve de « couverture pour une occupation prolongée et transforme Gaza en protectorat international », soulignant la nécessité d’une « acceptation conditionnelle et de garanties » pour éviter une nouvelle forme de colonialisme.
Parallèlement, les États-Unis ont renforcé leur engagement envers le Qatar en signant un décret exécutif promettant de garantir sa sécurité. La Maison Blanche a déclaré que toute attaque armée contre l’État du Golfe serait considérée comme une menace pour la paix et la sécurité des États-Unis. Ce décret souligne la coopération de longue date entre les deux pays, notamment l’accueil de forces américaines par le Qatar et son rôle de médiateur dans les conflits régionaux et mondiaux.
Cette décision intervient après des excuses présentées par le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu au Qatar pour une frappe aérienne récente à Doha. Le ministère des Affaires étrangères du Qatar a indiqué que Netanyahu avait exprimé ses regrets et promis que de tels incidents ne se reproduiraient plus. Le 9 septembre, Israël avait mené des frappes aériennes à Doha, affirmant cibler des dirigeants du Hamas. Ces frappes avaient causé la mort de cinq Palestiniens et d’un agent de sécurité qatari, suscitant une condamnation internationale.
En Méditerranée, plusieurs navires de la flottille humanitaire Global Sumud (GSF) ont été interceptés par Israël à l’approche des côtes de Gaza. La GSF, composée d’environ 50 navires civils et de plus de 500 bénévoles de plus de 40 pays, visait à briser le blocus naval israélien et à acheminer de l’aide humanitaire aux Palestiniens. Israël a affirmé avoir offert à la flottille un moyen de livrer son aide « pacifiquement », mais celle-ci a refusé, selon le ministère israélien des Affaires étrangères. L’Italie et la Grèce ont appelé Israël à assurer la sécurité des participants à la GSF et à permettre une assistance consulaire.
Malgré les efforts diplomatiques, les combats se poursuivent à Gaza, avec des frappes aériennes israéliennes et des tirs de roquettes palestiniens. Le Bureau des Nations Unies pour la coordination des affaires humanitaires (OCHA) a signalé des dizaines de victimes lors des dernières attaques. OCHA a rappelé que les civils ne doivent jamais être pris pour cible et que les autorités sanitaires de Gaza ont recensé plus de 66 000 décès depuis le début de la guerre en octobre 2023. Le Fonds de la population des Nations Unies a également souligné que plus de 60 % des femmes enceintes et des nouvelles mères souffrent de malnutrition.
Le ministre israélien de la Défense, Israel Katz, a annoncé que les Forces de défense israéliennes (FDI) resserraient le siège autour de Gaza City, dans le cadre de leur offensive contre le Hamas. Les FDI ont lancé une vaste opération au sol à Gaza City, tuant plusieurs militants et ciblant des infrastructures militaires. L’accès à Gaza City est désormais limité, et seuls ceux qui souhaitent se déplacer vers le sud peuvent le faire sous contrôle des FDI.
