Publié le 11 décembre 2023. Un pic de l’épidémie de chikungunya à Cuba, qui a déjà causé plusieurs décès, notamment chez des enfants, incite les autorités sanitaires américaines à recommander la vaccination pour les voyageurs se rendant sur l’île.
- Les Centres pour le contrôle et la prévention des maladies (CDC) ont émis une alerte de niveau 2 pour les voyageurs américains se rendant à Cuba en raison de l’épidémie de chikungunya.
- Deux vaccins contre le chikungunya, IXCHIQ et VIMKUNYA, sont disponibles aux États-Unis et sont recommandés aux voyageurs.
- Le gouvernement cubain a confirmé 44 décès liés au chikungunya et à la dengue, bien que les chiffres réels pourraient être plus élevés.
Les voyages vers Cuba pourraient bientôt devenir plus complexes pour les voyageurs américains, non pas à cause des restrictions de voyage, mais en raison d’une menace sanitaire grandissante : le chikungunya. Les autorités sanitaires américaines mettent en garde contre une épidémie en cours sur l’île, qui a déjà entraîné des décès, principalement chez les enfants, et recommandent aux voyageurs de se faire vacciner avant leur départ.
Les Centres pour le contrôle et la prévention des maladies (CDC) ont signalé la propagation rapide du virus chikungunya sur le territoire cubain. Cette situation a conduit à l’émission d’une alerte de niveau 2 pour les voyageurs américains, signalant un risque accru d’infection.
Le chikungunya est un virus transmis par les moustiques qui provoque des symptômes tels que des maux de tête, de la fièvre et des douleurs articulaires sévères. Dans certains cas, il peut entraîner des séquelles à long terme, limitant la mobilité des personnes touchées. Le gouvernement cubain a d’ailleurs qualifié la situation d’ épidémie, reconnaissant officiellement des dizaines de décès.
Des vaccins disponibles aux États-Unis
Les CDC recommandent la vaccination des voyageurs se rendant dans les zones touchées par le chikungunya. Aux États-Unis, deux vaccins sont actuellement disponibles : IXCHIQ et VIMKUNYA. Il est conseillé aux voyageurs de consulter leur médecin avant de partir pour évaluer les risques et discuter de la vaccination.
Les femmes enceintes sont particulièrement vulnérables. Les CDC les invitent à reconsidérer leurs voyages dans les zones à risque, surtout à l’approche de l’accouchement. L’agence explique que
« Les mères infectées au moment du parto peuvent transmettre le virus à leur bébé avant ou pendant l’accouchement. Les nouveau-nés infectés de cette manière ou par la piqûre d’un moustique courent le risque de souffrir de maladies graves, y compris des séquelles à long terme. »
Centres pour le contrôle et la prévention des maladies (CDC)
La vaccination contre le chikungunya est généralement reportée après l’accouchement.
Cuba et d’autres destinations à risque
Cuba n’est pas le seul pays à présenter un risque d’exposition au chikungunya. Les CDC ont établi une liste de « pays à risque élevé », incluant des destinations touristiques populaires :
- Brésil
- Colombie
- Inde
- Mexique
- Thaïlande
Un bilan alarmant à Cuba
Bien que les décès liés au chikungunya soient généralement rares, la situation à Cuba est préoccupante. Le gouvernement cubain a confirmé cette semaine 44 décès associés au chikungunya et à la dengue, après avoir rompu le silence sur l’ampleur alarmante de l’épidémie. Le ministère de la Santé publique a signalé plus de 42 000 cas d’arboviroses, dont 1 460 ont été diagnostiqués par PCR.
Les autorités cubaines reconnaissent que ces chiffres ne reflètent pas la réalité, car de nombreuses personnes ne consultent pas de professionnels de santé ou le font trop tardivement. Un foyer de chikungunya avait déjà été identifié à Cuba durant l’été dans la province de Matanzas. L’île n’avait pas enregistré de cas de cette maladie depuis 2015.
Cette épidémie frappe Cuba à un moment particulièrement difficile, alors que le pays est confronté à l’une des pires crises de son histoire, marquée par des coupures d’électricité quotidiennes, une pénurie de nourriture, d’eau, de médicaments et de biens de première nécessité.
