Publié le 28 octobre 2025 18:26:00. Des chercheurs suggèrent que le taux de mélatonine, hormone régulatrice du sommeil, pourrait constituer un indicateur précieux pour le diagnostic précoce de la maladie de Parkinson et le suivi de la progression de la maladie de Huntington.
- Une étude révèle des perturbations significatives du rythme de la mélatonine chez les patients atteints de la maladie de Parkinson (MP) et de la maladie de Huntington (MH).
- Les patients parkinsoniens présentent une amplitude réduite de mélatonine et une augmentation de sa concentration globale sur 24 heures.
- Dans la MH, on observe une diminution significative à la fois de l’amplitude et du pic de production de mélatonine.
La maladie de Parkinson et la maladie de Huntington sont deux affections neurodégénératives progressives, souvent caractérisées par des symptômes non moteurs qui précèdent les manifestations motrices plus connues. Ces symptômes précoces, tels que les troubles du sommeil, sont fréquemment négligés, rendant le diagnostic précoce difficile, en particulier pour la MP, qui manque de biomarqueurs fiables. Une équipe de chercheurs a exploré le potentiel de la mélatonine, une hormone jouant un rôle clé dans la régulation du cycle veille-sommeil (rythme circadien), comme biomarqueur possible.
Pour parvenir à ces conclusions, les scientifiques ont mené une revue systématique de la littérature scientifique, analysant les données de plusieurs études. Ils ont utilisé une méthode statistique appelée « rapport des moyennes » (RoM) pour évaluer la taille de l’effet et l’indice I2 pour mesurer l’hétérogénéité des résultats.
Les résultats de cette méta-analyse indiquent que la rythmicité de la mélatonine est significativement altérée chez les personnes atteintes de MP et de MH. Plus précisément, les patients parkinsoniens présentent une amplitude de mélatonine réduite [RoM = 0,76, intervalle de confiance à 95 % (0,26 à 1,26) ; p = 0,00] et une augmentation de l’aire sous la courbe (AUC) sur 24 heures [RoM = 1,06, intervalle de confiance à 95 % (0,26 à 1,85) ; p = 0,01]. Chez les patients atteints de MH manifeste, on constate une diminution significative de l’amplitude [RoM = 0,92, intervalle de confiance à 95 % (0,81 à 1,02) ; p = 0,00] et de l’acrophase (le moment du pic de production) [RoM = 0,92, intervalle de confiance à 95 % (0,07 à 1,78) ; p = 0,03]. De plus, les patients parkinsoniens souffrant de troubles du sommeil présentent des concentrations de mélatonine significativement plus élevées que ceux qui n’en souffrent pas (différence significative entre les groupes, p = 0,00). Enfin, l’étude révèle un déclin progressif des niveaux de mélatonine chez les patients atteints de MH.
Cette recherche suggère que la mesure des niveaux de mélatonine pourrait compléter les outils de diagnostic existants pour la MP et permettre un suivi plus précis de la progression de la MH. Les chercheurs soulignent que des études supplémentaires sont nécessaires pour valider ces résultats et déterminer comment la mélatonine pourrait être utilisée en pratique clinique.
L’étude a été enregistrée de manière systématique sous le numéro CRD42024544116, disponible sur PROSPERO.
Mots-clés : maladie de Huntington ; maladie de Parkinson ; biomarqueur ; diagnostic ; mélatonine ; méta-analyse ; revue systématique.
