À l’approche des fêtes de fin d’année, la tradition est de relire les classiques du cinéma de Noël, et parfois, de s’interroger sur leurs intrigues les plus improbables. Si certains scénarios suscitent l’amusement, d’autres, comme celui de « Love Actually », ont été qualifiés d’« assez effrayants » par leurs propres interprètes, à l’instar de Keira Knightley. Mais un film continue de toucher le cœur du public : « La Vie est Belle » de Frank Capra.
Le film, sorti en 1946, raconte l’histoire de George Bailey, un homme d’affaires intègre interprété par James Stewart, confronté à une crise financière qui le pousse au désespoir. La veille de Noël, il envisage le suicide, avant qu’un ange gardien, Clarence, ne lui offre la possibilité de découvrir à quoi le monde ressemblerait sans lui.
« La vie de chaque homme touche tant d’autres vies », explique Clarence dans le film. Et les conséquences de l’absence de George Bailey sont dramatiques. Le restaurant italien chaleureux de Bedford Falls se transforme en un bar miteux où le barman, Nick, ne sert plus de punch au rhum flambé, et où l’ambiance est résolument morose.
Les répercussions s’étendent à d’autres personnages. Old Man Gower, l’ancien pharmacien pour lequel George travaillait, finit par empoisonner un enfant et est condamné à 20 ans de prison. Le pharmacien lui-même sombre dans l’alcoolisme. George, en tant qu’observateur invisible, découvre que sa mère, qu’il connaissait comme une femme heureuse et mariée, dirige désormais une pension de famille. Son oncle Billy, quant à lui, est interné dans un asile psychiatrique après avoir perdu son entreprise.
Bedford Falls, la ville idyllique que George aimait tant, est devenue Pottersville, un lieu sombre et décadent, illuminé par des néons criards et peuplé de bars, de danseuses et de désespoir. C’est un véritable cauchemar des années 1940.
La scène la plus poignante se déroule au cimetière. George découvre la tombe de son frère Harry, mort noyé après un accident de traîneau. Sans l’intervention de George dans sa jeunesse, Harry n’aurait pas survécu. De plus, les soldats qu’Harry aurait pu sauver pendant la Seconde Guerre mondiale périssent également. Le film soulève alors la question de savoir si les Alliés auraient même remporté la guerre sans les enfants de Bedford Falls.
