Publié le 13 décembre 2023 10h30. Des présidents de commissions parlementaires britanniques demandent l’interdiction du financement politique par les cryptomonnaies, craignant un manque de transparence et une possible ingérence étrangère dans les élections.
- Les présidents de sept commissions permanentes du Parlement britannique ont officiellement demandé au gouvernement d’interdire les dons en actifs virtuels aux partis politiques.
- Cette requête fait suite à des inquiétudes concernant l’opacité des fonds électoraux et le risque d’influence extérieure.
- Un examen gouvernemental sur cette question était déjà en cours, mais son intégration dans les prochaines réformes électorales semble compromise.
Londres – Une pression accrue s’exerce sur le gouvernement britannique pour qu’il réglemente le financement politique par les cryptomonnaies. Sept présidents de commissions parlementaires ont adressé une lettre officielle demandant une interdiction totale des dons en actifs virtuels aux partis politiques, craignant que cela ne compromette l’intégrité du processus électoral.
Liam Byrne, président du comité spécial des affaires et du commerce, a souligné les risques liés à cette nouvelle forme de financement.
« Les dons en actifs virtuels peuvent masquer l’origine des fonds, permettre des contributions importantes via de multiples petits dons échappant aux obligations de déclaration, et même accroître le risque d’ingérence politique de la part de puissances étrangères. »
Liam Byrne, président du comité spécial des affaires et du commerce
Il a également rappelé que la Commission électorale avait elle-même mis en garde contre la difficulté de gérer ces risques dans le contexte technologique actuel.
Cette demande intervient alors que le gouvernement britannique étudiait déjà, depuis juillet 2023, la possibilité d’interdire le financement politique par les cryptomonnaies. Cependant, la complexité de la mise en place d’un tel système semble avoir retardé son intégration dans les prochaines modifications de la loi électorale, dont l’annonce est imminente.
L’affaire a pris de l’ampleur l’année dernière lorsque le parti Reform UK a annoncé qu’il serait le premier parti politique britannique à accepter des dons en cryptomonnaies, notamment en Bitcoin. Nigel Farage, son chef, avait alors présenté cette initiative comme une étape de la « révolution des actifs virtuels », promettant d’introduire des réserves en Bitcoin et de réduire l’impôt sur les plus-values en cas de victoire. Le parti a ensuite confirmé avoir reçu le premier don en cryptomonnaie enregistré au Royaume-Uni, sans toutefois révéler le montant exact.
La controverse s’est intensifiée lorsque des données de la Commission électorale ont révélé qu’un don important de 9 millions de livres sterling (environ 12 millions de dollars américains) avait été versé à Reform UK par Christopher Haban, un investisseur en actifs virtuels basé en Thaïlande. Bien que le don ait été effectué en monnaie fiduciaire, la provenance d’une part significative de la fortune de M. Haban étant liée aux cryptomonnaies, les partis travailliste et libéral-démocrate ont appelé à une enquête pour déterminer s’il existait un conflit d’intérêts.
Dans le paysage politique britannique, cette lettre est perçue comme un catalyseur qui pourrait accélérer les discussions sur la nécessité d’une réforme du système de financement électoral, en tenant compte des enjeux posés par les actifs virtuels.
