Publié le 2024-02-29 10:30:00. Une entreprise espagnole, Turbo Energy, expérimente un nouveau système de financement participatif pour les projets d’énergie renouvelable, en utilisant la technologie blockchain de Stellar. Cette initiative pourrait démocratiser l’accès au financement de l’énergie propre et accélérer la transition énergétique.
- Turbo Energy lance un projet pilote pour financer un système solaire et de stockage d’énergie dans un supermarché grâce à la blockchain Stellar.
- Le financement se fait par la tokenisation de la dette, permettant à un large public d’investir en achetant des fractions du projet.
- Cette approche innovante pourrait simplifier le financement des projets solaires commerciaux et industriels, en réduisant les obstacles financiers.
Turbo Energy, une entreprise technologique espagnole spécialisée dans les énergies renouvelables, teste une méthode inédite pour lever des fonds destinés à ses projets. L’entreprise s’appuie sur la technologie blockchain de la Stellar Development Foundation pour financer un système solaire et de stockage d’énergie installé dans un supermarché. Ce projet pilote, révélé par Cointelegraph, vise à rendre l’énergie durable plus accessible et à faciliter sa production.
Au lieu de recourir aux prêts bancaires traditionnels ou aux investisseurs institutionnels, Turbo Energy, en collaboration avec la société d’actifs numériques Taurus, a opté pour la tokenisation de la dette. Concrètement, des jetons blockchain sont émis, représentant des parts de financement du projet. Les investisseurs peuvent ainsi acquérir ces jetons et contribuer au financement de l’installation solaire et de la batterie Sunbox de Turbo Energy. En retour, ils bénéficieront des revenus générés par l’électricité produite dans le cadre d’un contrat d’achat d’électricité à long terme.
Si ce modèle s’avère concluant, il pourrait considérablement simplifier le financement des projets solaires destinés aux entreprises et à l’industrie. Le coût initial élevé représente souvent un frein majeur pour les sociétés souhaitant adopter des sources d’énergie propres. La tokenisation permettrait d’ouvrir le financement à un public plus large, démocratisant ainsi l’accès à l’investissement dans les énergies renouvelables.
Ce projet s’inscrit dans le cadre plus large de l’essor de l’« Energy as a Service » (EAAS), un marché en pleine croissance estimé à plus de 74 milliards de dollars (environ 68 milliards d’euros) et qui devrait doubler d’ici 2030, selon les estimations de Grand View Research. Avec l’EAAS, les clients n’ont pas besoin d’investir dans l’achat et la maintenance d’équipements ; ils paient simplement pour l’électricité propre qu’ils consomment.
Cette initiative représente un tournant intéressant pour l’industrie des cryptomonnaies, souvent critiquée pour son impact environnemental. Alors que des mécanismes comme la preuve de travail, utilisés par Bitcoin, nécessitent une consommation électrique massive, souvent issue de sources d’énergie polluantes, des projets comme celui de Turbo Energy démontrent le potentiel de la blockchain pour promouvoir des stratégies respectueuses de l’environnement.
D’autres acteurs du secteur explorent également des pistes similaires. Argo Blockchain utilise l’hydroélectricité pour l’extraction de cryptomonnaies, tandis que Soluna construit des centres de données à proximité de fermes d’énergie renouvelable. Une étude récente du Cambridge Digital Mining Industry Report révèle que Bitcoin utilise désormais 52,4 % d’énergie provenant de sources durables, contre 37,6 % en 2022.
Les acteurs impliqués dans le projet se montrent enthousiastes.
« Nous combinons une infrastructure de stockage solaire réelle avec la technologie blockchain pour créer une voie vers de nouvelles sources de revenus et un accès plus large aux investissements durables. »
Mariano Soria, PDG de Turbo Energy (via Stellar)
Lamine Brahimi, co-fondateur et associé directeur de Taurus, a ajouté :
« Nous considérons qu’il est de notre responsabilité de garantir que l’innovation blockchain profite aux économies et aux communautés réelles. »
Lamine Brahimi, co-fondateur et associé directeur de Taurus
À lire aussi
