Après une série de problèmes de santé graves, une jeune femme américaine a expérimenté à plusieurs reprises avec l’abstinence d’alcool, oscillant entre la nécessité médicale et le désir personnel de bien-être. Son parcours, marqué par des rechutes et des remises en question, illustre la complexité de la relation à l’alcool et la pression sociale qui l’entoure.
En 2021, suite à deux accidents vasculaires cérébraux et à la perte de la vision de l’œil droit, la question de savoir si elle pouvait encore consommer de l’alcool s’est posée. Son neurochirurgien, avec humour, lui a répondu : « Seulement le bon ! ». Elle a suivi son conseil, mais un an plus tard, après une soirée festive, elle s’est réveillée avec un œil presque complètement gonflé, ressentant une douleur lancinante. « C’est de ma faute », s’est-elle dit en se remémorant le champagne de la veille. Une recherche rapide sur les effets de l’alcool sur l’inflammation n’a fait qu’accroître son sentiment de culpabilité.
Rétrospectivement, elle reconnaît que cette crise était plus probablement liée à une infection ou à une complication post-opératoire, finalement résolue grâce à une longue cure d’antibiotiques intraveineux. Néanmoins, cet épisode a déclenché une période de trois ans d’abstinence totale. « Je devais le faire, je n’avais pas le choix », se justifiait-elle.
Pourtant, cette abstinence n’était pas toujours vécue positivement. Elle décrivait souvent sa situation à ses camarades de 23 ans par la phrase : « Je suis sobre, mais ça me déplaît ». Ils acceptaient difficilement son choix, demandant parfois des précisions pour s’assurer qu’elle ne plaisantait pas. Pour certains, le simple fait de ne pas vouloir boire ne constituait pas une raison valable.
En 2024, une nouvelle crise est survenue, malgré des années de sobriété. Elle a recommencé à boire en 2025, frustrée de constater que tous ses efforts et sa maîtrise de soi n’avaient pas complètement résolu ses problèmes de santé. Mais elle a fini par réaliser qu’elle regrettait les bienfaits de l’abstinence. Si elle appréciait occasionnellement une bière à la plage, elle a rapidement constaté une augmentation de son anxiété, des troubles du sommeil et une irrégularité dans sa routine sportive.
Elle savait qu’elle pouvait arrêter de boire à nouveau, mais elle était consciente des difficultés à expliquer son choix, surtout en dehors du mois de janvier. « On ne devrait jamais avoir à se justifier auprès de qui que ce soit », lui répète-t-on souvent, et elle est d’accord. Mais elle ressent toujours le besoin de s’expliquer face à sa mère qui ouvre une bouteille de Pinot, à ses collègues qui lui demandent sa commande pendant l’apéritif, ou à un prétendant rencontré sur une application qui s’étonne de son refus de sortir boire un verre.
Elle a déjà géré ces situations par le passé et est prête à le faire à nouveau. Cependant, le « Dry January » (janvier sans alcool) lui offre une opportunité précieuse de s’abstenir sans subir la pression sociale habituelle. « Couper l’alcool n’a jamais été facile pour moi, et c’est agréable de le faire sans stress supplémentaire », explique-t-elle.
Ces trois années sans alcool ont été difficiles, avec des moments d’inconfort parmi de nouveaux amis, d’ennui dans les bars et de fatigue sur la piste de danse. Mais elle n’a pas non plus connu d’angoisse post-alcool, a régulé son sommeil, dépassé ses objectifs de remise en forme et s’est consacrée à des loisirs qui lui apportaient de la joie, comme le montage vidéo et le scrapbooking. Elle s’est sentie forte, stable et en contrôle, des qualités essentielles pour gérer sa maladie chronique.
Cette année, après presque une semaine d’abstinence, elle aborde le « Dry January » avec enthousiasme, motivée par un désir sincère de se sentir mieux, et non par une obligation. Elle doute que son parcours se termine en un mois, mais elle est reconnaissante envers cette initiative pour lui avoir donné l’élan nécessaire pour se replonger dans l’abstinence… cette fois, avec conviction.
