De plus en plus de personnes se tournent vers les casse-têtes pour déconnecter du monde numérique et apaiser leur esprit. Un exercice qui, contre toute attente, peut s’avérer bénéfique pour le bien-être mental.
Chandler Plante, une rédactrice basée à Los Angeles, s’est lancée dans une expérience personnelle : une semaine consacrée aux casse-têtes, alors qu’elle se considérait auparavant comme une fervente détestatrice de cette activité. L’objectif ? Déterminer si les bienfaits psychologiques souvent attribués aux casse-têtes étaient réels.
L’idée lui est venue en observant sa mère, qui passe régulièrement ses matinées à assembler des puzzles de 1 000 pièces, tandis qu’elle, elle, se plongeait dans les réseaux sociaux. « J’ai commencé à me demander si je ne passais pas à côté de quelque chose », confie-t-elle.
Elle a interrogé Cathrin Manning, une passionnée de casse-têtes, qui explique utiliser cette activité comme un moyen de se déconnecter des écrans. « C’est presque méditatif pour moi », assure-t-elle. Elle privilégie un environnement calme et ne se fixe aucune pression de temps. « Je ne fais pas de casse-têtes pour la compétition, mais pour le plaisir », précise-t-elle.
Rebecca Brunson, une autre adepte, a redécouvert les casse-têtes il y a quelques années, après une pause de près de dix ans. Elle a rapidement constaté leur effet apaisant. « J’ai réalisé que je l’utilisais pour gérer mon stress », explique-t-elle. « Chaque fois que je me sentais frustrée ou dépassée, je voulais juste m’asseoir et faire mon casse-tête. »
Chloe Solane relate des effets similaires, tout comme sa grand-mère, avec qui elle passait de nombreuses heures à assembler des puzzles. « L’assemblage de puzzles exige une concentration intense, ce qui permet de réduire le bruit intérieur », explique-t-elle. « On le remarque quand on est jeune, mais c’est encore plus utile à l’âge adulte. »
Avant de se lancer, Chandler Plante a sollicité les conseils de ces expertes. Voici quelques recommandations pour les débutants :
- Prenez votre temps : Il n’est pas nécessaire de terminer un casse-tête rapidement, surtout si vous recherchez des bienfaits pour la santé mentale. « Il n’y a aucune pression pour finir vite », souligne Rebecca Brunson. « C’est agréable de ralentir et de faire quelque chose à son rythme. »
- Commencez petit : Il peut être tentant de choisir un casse-tête complexe, mais Chloe Solane recommande de commencer par un modèle d’une couple de centaines de pièces. « J’ai été un peu trop enthousiaste et j’ai acheté un énorme casse-tête quand j’ai recommencé il y a quelques années », raconte-t-elle. « Je ne l’ai jamais terminé. »
- Créez un espace de travail confortable : Il est plus facile de profiter des bienfaits mentaux d’un casse-tête si vous avez un endroit agréable où le faire. « Mettez un podcast, regardez un film. Quelque chose en arrière-plan que vous pouvez écouter », suggère Cathrin Manning.
- Investissez dans des casse-têtes de qualité : « Tous les casse-têtes ne se valent pas, et c’est très frustrant d’en acheter un bon marché où les pièces ne s’emboîtent pas correctement », explique Rebecca Brunson.
- Ne vous forcez pas à terminer : Il est tout à fait normal de ne pas aimer un casse-tête que vous avez commencé. « Ne vous mettez pas trop de pression pour terminer chaque casse-tête que vous commencez », conseille Chloe Solane. « La vie est trop courte pour continuer à travailler sur un casse-tête qui ne vous intéresse plus. »
- Trouvez des styles de casse-têtes qui vous plaisent : « Je pense qu’il est vraiment important de trouver un style de casse-tête que vous aimez, car vous serez plus susceptible d’y revenir », explique Rebecca Brunson.
- Travaillez de l’extérieur vers l’intérieur : « Assemblez la bordure en premier », conseille Chloe Solane. « Cela vous aidera à voir comment le casse-tête va s’assembler et cela vous semblera moins intimidant. »
Chandler Plante avoue avoir abordé cette expérience avec appréhension. Elle craignait de devoir renoncer à son temps d’écran matinal et a dû improviser un espace de travail sur de vieux vinyles. Pour se motiver, elle a suivi les conseils des expertes et a créé une ambiance chaleureuse : café glacé, bougies parfumées à la citrouille et sa série préférée en arrière-plan.
Elle a commencé par trier les pièces de son casse-tête de 300 pièces par couleur ou motif, puis a assemblé de petites sections à la fois. Au début, elle a lutté contre l’envie d’abandonner, mais au fil des jours, elle a commencé à apprécier ses matinées sans écran. La satisfaction de compléter même une petite partie du casse-tête était bien plus gratifiante que le défilement incessant des réseaux sociaux. Le temps passait vite et elle se surprenait à souhaiter que ses sessions de casse-tête soient plus longues.
« En tant qu’ancienne détestatrice de casse-têtes, je pense avoir fait beaucoup de progrès en peu de temps », conclut-elle. « Bien que j’aie encore trouvé l’activité un peu frustrante, cette expérience m’a permis de découvrir un nouveau passe-temps conscient, qui offre une pause bien nécessaire du monde numérique. J’ai ressenti un sentiment d’apaisement et de clarté, ce qui est une grande victoire pour ma santé mentale. »
