Publié le 26 novembre 2025 à 05h10. Une nouvelle forme de chasse à la faune sauvage, utilisant des drones équipés de flèches téléguidées, suscite l’inquiétude en Chine, entre usages illégaux et tentatives de contrôle des populations animales.
- La police chinoise a récemment décelé plusieurs cas de chasse illégale impliquant des drones modifiés et des flèches pointues.
- Dans certaines régions, les autorités forestières ont recours à cette technologie pour réguler les populations de sangliers, avec des protocoles de sécurité stricts.
- Les plateformes de commerce en ligne commencent à limiter la recherche de produits liés à cette pratique, suite à la médiatisation de l’affaire.
L’émergence d’une “chasse high-tech” a été révélée par la chaîne de télévision publique China Voice of China. Cette méthode consiste à localiser les animaux sauvages, notamment les sangliers, à l’aide de drones équipés de caméras infrarouges, puis à les abattre en lançant des flèches métalliques depuis les airs. La flèche, guidée par la gravité et l’inertie, est censée pénétrer instantanément le corps de l’animal.
Si cette technique peut sembler efficace pour contrôler les populations animales et limiter les dégâts causés aux cultures, elle présente des risques considérables. Outre le danger d’une utilisation illégale par des braconniers, elle soulève des questions de sécurité publique, la trajectoire des flèches pouvant mettre en danger des personnes ou des biens.
Depuis le début de l’année, la police des provinces du Chongqing et du Hunan, ainsi que d’autres régions, a intercepté des chasseurs illégaux utilisant des drones modifiés pour abattre des animaux sauvages. Parallèlement, les services forestiers de certaines zones du Shaanxi et du Hubei ont expérimenté cette méthode pour gérer les populations de sangliers et prévenir les intrusions dans les zones habitées. Dans le district de Weibin, ville de Baoji, province du Shaanxi, les autorités locales affirment que ces opérations sont menées par des professionnels, avec l’approbation des autorités compétentes et le respect de mesures de sécurité rigoureuses.
Selon un responsable du département local de gestion forestière, cité par la chaîne de télévision, ces opérations se déroulent dans des espaces ouverts, sans obstacles, et sont précédées d’une reconnaissance aérienne pour identifier et valider la cible. L’utilisation de la technologie infrarouge est privilégiée la nuit, lorsque la différence de température entre l’animal et son environnement est plus marquée, améliorant ainsi la précision de la détection.
« Cela doit être fait dans un espace ouvert sans aucune obstruction. »
Responsable du département local de gestion forestière, district de Weibin, Baoji, Shaanxi
Face à la prolifération de cette pratique, les autorités chinoises commencent à réagir. Plusieurs plateformes de commerce électronique ont déjà limité les résultats de recherche pour les produits et mots-clés associés à la fabrication ou à la modification de drones pour la chasse. Cependant, la législation actuelle ne prévoit pas explicitement d’interdiction concernant l’utilisation de drones et de flèches pour la chasse. La “Loi sur la protection de la faune de la République populaire de Chine” interdit l’utilisation de poisons et d’explosifs, mais ne mentionne pas ces nouvelles technologies. Il appartient donc aux gouvernements locaux de définir et d’annoncer les outils de chasse interdits.
Dans le district de Yongchuan, à Chongqing, des chasseurs illégaux ont utilisé des drones équipés de flèches pointues et de billes d’acier. Une expertise conjointe menée par le service forestier, des experts zoologiques et des institutions d’évaluation judiciaire a conclu que ces outils constituaient des outils de chasse interdits.
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