Les hôpitaux sont de gros producteurs de déchets, mais des solutions existent pour réduire leur impact environnemental. Une étude menée à Melbourne, en Australie, a démontré qu’en remplaçant les protections jetables utilisées en soins intensifs par des alternatives lavables, il est possible de diminuer significativement la quantité de déchets envoyés en décharge, sans compromettre la sécurité des patients.
L’étude, qui s’est déroulée sur deux ans auprès de 2 114 patients en soins intensifs, a comparé l’utilisation de protections jetables – communément appelées « blueys » – à celle de serviettes réutilisables en coton doux. Les « blueys », constitués de papier de soie et d’un support plastique imperméable, sont placés sous les patients pour absorber les fluides corporels et protéger la literie.
Les résultats sont encourageants : le passage au linge réutilisable a permis d’économiser près d’une demi-tonne (496 kilogrammes) de déchets en un an, soit l’équivalent de 21 554 protections jetables non utilisées. L’étude n’a révélé aucune différence en termes d’incidence des escarres, des lésions cutanées fréquentes chez les patients immobiles, entre les deux groupes.
Au départ, certaines infirmières avaient exprimé des réserves quant à l’impact des serviettes réutilisables sur la peau des patients. Cependant, après quelques semaines d’utilisation, le personnel s’est montré globalement satisfait, soulignant leur durabilité et leur contribution à la réduction des déchets. « Beaucoup ont noté qu’ils étaient plus durables et contribuaient à réduire les déchets, et ont recommandé de continuer à les utiliser. »
Cette initiative s’inscrit dans une démarche plus large de réduction de l’empreinte écologique du système de santé australien, qui représente jusqu’à 7 % des émissions totales de gaz à effet de serre du pays. Les chercheurs soulignent que des changements simples dans les routines quotidiennes peuvent avoir un impact significatif, d’autant plus que le secteur de la santé est directement confronté aux conséquences du changement climatique et des catastrophes environnementales.
Par ailleurs, l’étude rappelle que des données accumulées pendant 50 ans aux États-Unis et au Royaume-Uni ont démontré que le linge réutilisable, lorsqu’il est lavé et stérilisé correctement (à une température supérieure à 65°C pendant au moins dix minutes, ou 71°C pendant au moins trois minutes, ou traité avec un désinfectant chimique), n’augmente pas le risque d’infections. Une analyse de cycle de vie plus approfondie est prévue pour évaluer l’impact environnemental global de ces alternatives, en tenant compte de la consommation d’eau et d’énergie liée au lavage et à la stérilisation.
Les chercheurs insistent sur l’importance de sensibiliser les professionnels de santé à leur rôle dans la promotion de pratiques respectueuses de l’environnement, et de leur garantir l’accès à des équipements sûrs pour les patients et pour la planète.
