West Palm Beach accueille une exposition exceptionnelle consacrée à l’âge d’or de la peinture néerlandaise, avec des œuvres majeures de Rembrandt et de ses contemporains. La collection Leiden, habituellement conservée dans des musées du monde entier, s’expose jusqu’au 29 mars 2026 au Norton Museum of Art, offrant un aperçu unique de la vie et de l’art au XVIIe siècle.
L’exposition présente plus de 70 œuvres de 27 artistes, organisées en 11 sections thématiques explorant les ateliers d’artistes, la vie quotidienne, les jeux, la musique, ainsi que des scènes historiques tirées de la Bible, de la mythologie et des allégories. Parmi les pièces maîtresses, on retrouve trois tableaux de Rembrandt issus de sa première série sur les cinq sens : « Patient inconscient (allégorie de l’odorat) », « Allégorie du toucher » et « Allégorie de l’audition ». Ces œuvres, réalisées alors que l’artiste n’avait que 18 ans, témoignent d’un talent exceptionnel et d’une capacité à saisir la complexité humaine.
Dans « Patient inconscient (allégorie de l’odorat) », Rembrandt dépeint une scène animée où une infirmière tente de réveiller un homme évanoui à l’aide de sels odorants, sous le regard d’un chirurgien-barbier richement vêtu. Chaque personnage est dépeint avec une individualité frappante, leurs expressions faciales révélant des histoires et un humour subtil. Rembrandt a peint plus de 50 autoportraits, une véritable chronique de sa vie et une exploration constante de son propre être. L’exposition présente notamment « Autoportrait aux yeux ombrés », réalisé à l’âge de 23 ans, ainsi que « Buste d’un vieillard barbu », empreint d’une compassion profonde.
L’exposition ne se limite pas à Rembrandt. Elle met également en lumière l’œuvre de Carel Fabritius, élève de Rembrandt, avec son tableau saisissant « Agar et l’ange » (1645). Cette œuvre, l’une des cinq seules représentations de cette histoire encore existantes, témoigne de la grandeur d’un artiste tragiquement disparu à l’âge de 32 ans lors d’une explosion à Delft en 1654. D’autres artistes néerlandais importants, tels que Jan Steen, Frans van Mieris, Frans Hals et Jan Lievens, sont également représentés.
La collection Leiden, qui constitue le cœur de l’exposition, est la propriété privée du Dr. Thomas S. Kaplan et de sa femme Daphné. Au cours des vingt dernières années, ils ont acquis plus de 220 peintures et dessins d’artistes hollandais du XVIIe siècle, dans le but de rendre ces œuvres accessibles au public mondial. Depuis 2017, des sélections de la collection ont été exposées dans des musées prestigieux tels que le Louvre à Paris, le Louvre Abu Dhabi, et des institutions à Pékin, Shanghai, Moscou et Saint-Pétersbourg.
L’essor de la peinture néerlandaise au XVIIe siècle est étroitement lié à l’expansion de l’empire colonial néerlandais, grâce à la Compagnie néerlandaise des Indes orientales (fondée en 1602) et à la Compagnie des Indes occidentales (fondée en 1621). L’année 2025 marquera le 400e anniversaire de la fondation de l’île de Manhattan par les Néerlandais, alors appelée Nouvelle Amsterdam. L’exposition, présentée dans un cadre élégant avec des murs bordeaux et un éclairage soigné, invite à la contemplation et à la découverte de cet âge d’or de l’art.
À noter que le Dr. Kaplan mettra aux enchères chez Sotheby’s le 4 février 2026 un dessin remarquable de Rembrandt, « Jeune lion au repos », dont les bénéfices seront intégralement reversés à Panthera, une organisation dédiée à la conservation des grands félins. L’estimation de vente se situe entre 15 et 20 millions de dollars américains.
