Le Canada traverse une phase de transition politique et économique majeure alors que Mark Carney, actuel premier ministre libéral, tente de redéfinir la stratégie nationale face au retour de Donald Trump aux États-Unis et à l’échéance imminente de l’Accord Canada-États-Unis-Mexique (ACEUM) ce 1er juillet 2026.
Mark Carney et la redéfinition stratégique d’Ottawa
Le gouvernement de Mark Carney, ancien dirigeant de Goldman Sachs, s’efforce de diversifier les alliances internationales du Canada pour réduire sa dépendance envers Washington. Selon le Monde diplomatique, le retour de Donald Trump à la présidence américaine contraint Ottawa à « prendre autrement en main son destin », notamment en renforçant sa coopération avec la Chine et l’Union européenne.
Cette volonté d’autonomie s’exprime particulièrement dans l’Arctique canadien. Cette région, dont la superficie est supérieure à celle de l’Union européenne et qui abrite 140 000 habitants, devient un axe central de la souveraineté canadienne. Le budget de la défense du pays reste toutefois marginal, ne représentant que 3 % de celui des États-Unis, d’après les données rapportées par le Monde diplomatique.
L’incertitude entourant l’ACEUM et les échanges nord-sud
L’économie canadienne se trouve à un point de bascule avec l’échéance du 1er juillet 2026 pour l’ACEUM. Bien que Radio-Canada rapporte que l’accord devrait rester en vigueur malgré cette date, le climat d’incertitude persiste. Le journal Le Devoir a souligné les risques potentiels d’un non-renouvellement, précisant que Mark Carney s’était rendu au Mexique en septembre 2025 pour discuter de l’avenir du traité avec la présidente Claudia Sheinbaum.
L’intégration économique nord-américaine reste profonde, les échanges s’organisant davantage selon un axe nord-sud qu’entre les provinces canadiennes elles-mêmes. Pour protéger ses intérêts, le Québec a dépêché une délégation aux États-Unis avant l’examen final de l’accord, comme l’a rapporté Radio-Canada.
Tensions migratoires et pressions frontalières
La frontière canado-américaine subit une pression accrue due aux changements de politique migratoire aux États-Unis. Le journal La Presse rapporte, le 27 juin 2026, qu’une hausse des demandeurs d’asile haïtiens et syriens est attendue.

Frantz André, porte-parole du Comité d’action des personnes sans statut (CAPSS) à Montréal, attribue ce phénomène à la décision de la justice américaine d’autoriser l’administration Trump à mettre fin aux protections juridiques accordées aux migrants fuyant ces pays.
Fractures internes et héritage colonial
Le modèle social canadien, décrit par le Monde diplomatique comme un État-providence inspiré du modèle nordique, subit l’érosion du libre-échange. Parallèlement, des tensions identitaires et sociales marquent le paysage intérieur :
- Droits autochtones : Les populations autochtones dénoncent activement les ravages d’une politique d’assimilation forcée.
- Économie extractiviste : Le contraste est marqué entre l’Alberta, qui s’enrichit via l’exploitation du pétrole, et les activités des compagnies minières canadiennes à l’étranger, notamment en République démocratique du Congo.
- Dualité linguistique : Le bilinguisme officiel reste fragile. Près de 4 millions de Québécois ne maîtrisent pas l’anglais, et seulement 18 % de la population canadienne se déclare bilingue.
Le Québec, bien que non souverain, maintient une posture nationaliste portée par ses responsables, tandis que le pays tente de concilier son image de « meilleur pays du monde » avec la réalité de son passé colonial.
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