Publié le 28 octobre 2025 09:50:00. La Commission électorale indienne (CEI) lance une nouvelle phase de révision intensive des listes électorales dans douze États, marquée par un changement d’approche significatif par rapport à l’exercice similaire mené au Bihar en juin dernier, notamment en matière de vérification de la citoyenneté.
- La phase de recensement de cette Révision Spéciale Intensive (SIR) privilégie désormais l’inclusion des électeurs plutôt que la vérification de leur identité, contrairement à ce qui s’est passé au Bihar.
- Un nouveau formulaire de recensement a été mis en place pour faciliter la recherche des électeurs existants à partir des listes SIR précédentes, y compris celles de leurs parents ou proches.
- La Commission a assoupli son approche concernant les contrôles de citoyenneté, la citoyenneté restant un critère d’éligibilité, mais n’étant plus le principal élément de vérification.
La deuxième phase de la Révision Spéciale Intensive (SIR), qui débute ce 28 octobre dans douze États indiens, se distingue nettement de l’opération similaire menée au Bihar en juin. Alors que la première phase au Bihar avait suscité des inquiétudes parmi les électeurs inscrits après 2003, en raison de la demande de justificatifs d’âge et de citoyenneté, la nouvelle approche met l’accent sur l’inclusion et la simplification des procédures.
Les enquêteurs sont désormais chargés de retrouver les électeurs existants en se basant sur les inscriptions figurant dans les dernières listes SIR – les leurs, ou celles de leurs parents ou de leurs proches. À ce stade, aucun document n’est requis, seulement des informations de base permettant d’établir une continuité. Cette évolution se traduit par un nouveau formulaire de recensement, intégrant deux colonnes supplémentaires pour faciliter la recherche des liens avec les listes SIR précédentes.
Ce changement de cap fait suite aux difficultés rencontrées au Bihar, où l’obligation de fournir l’un des onze documents requis pour les électeurs inscrits après 2003 s’est avérée contraignante pour les agents de terrain. La CEI a donc ajusté son approche, en demandant aux agents, pendant la phase de réclamations et d’objections, de rechercher autant d’électeurs que possible dans les listes de 2003, même indirectement, via un parent ou un proche, afin de réduire le nombre de personnes tenues de fournir une preuve d’éligibilité. Cet ajustement, basé sur les retours d’expérience, est désormais intégré à la phase de recensement elle-même.
Le recalibrage va encore plus loin. La Commission a désormais autorisé les électeurs existants à relier leur nom à la liste de la dernière révision intensive de n’importe quel État, et pas seulement à celle où ils résident actuellement. Les agents de terrain auront accès aux listes de révision intensive précédentes de tous les États, contrairement à ce qui était le cas au Bihar, où les BLO (Bureau Local d’Enregistrement) ne pouvaient effectuer des recherches que dans les listes de leur propre État.
Un exemple concret illustre cette nouvelle flexibilité : un travailleur migrant du Bengale occidental, désormais inscrit comme électeur à Chennai, peut continuer à rester inscrit au Tamil Nadu s’il peut prouver que son nom – ou celui d’un parent ou d’un proche – figurait sur les listes électorales de 2002 du Bengale occidental. Toute personne inscrite sur cette liste de 2002 est présumée éligible pour rester inscrite sur la liste d’un autre État où elle réside actuellement.
La présentation de documents ne sera désormais requise que pour ceux qui ne figuraient sur aucune liste électorale lors du dernier exercice SIR. Au cours de la deuxième étape de la SIR à l’échelle nationale, qui est la phase de réclamations et d’objections, des avis prouvant leur éligibilité seront délivrés à tous ces électeurs. Auparavant, ces avis étaient adressés uniquement à ceux dont l’inscription sur le projet de liste avait été contestée, ou aux électeurs inscrits après 2003 qui ne pouvaient produire aucun des onze documents exigés.
Enfin, la Commission a également assoupli son ton concernant les contrôles de citoyenneté. Alors qu’elle affirmait auparavant son droit de vérifier la citoyenneté dans le cadre de la détermination de l’éligibilité, l’annonce de lundi marque un changement clair : la citoyenneté reste un critère d’éligibilité, mais n’est plus invoquée comme test central. L’Aadhaar, inclus comme douzième document après l’intervention de la Cour suprême dans le cadre de la SIR au Bihar, reste sur la liste des documents acceptés dans les douze États et territoires de l’Union.
Les nouveaux candidats, y compris ceux qui viennent d’avoir 18 ans, peuvent soumettre leur formulaire 6, le formulaire d’inscription électorale de la CEI, ainsi que le formulaire de déclaration SIR en phase de recensement. Contrairement à ce qui s’est passé au Bihar, où les formulaires des nouveaux électeurs n’étaient traités que pendant la période de réclamation et d’opposition, ils seront pris en compte dès cette première phase.
Pour éviter les surprises, la deuxième phase débutera par des réunions entre les directeurs généraux des élections (PDG) et les partis politiques de chaque État. Les responsables électoraux ont été invités à expliquer le processus en détail et à impliquer les partis en tant que parties prenantes dès le début, ce qui constitue une rupture marquée avec la consultation limitée et le court préavis qui ont caractérisé la campagne au Bihar.
