Meta, le géant des réseaux sociaux, a remporté une victoire juridique majeure aux États-Unis, tandis qu’il est confronté à une amende potentiellement lourde en Espagne. Un juge fédéral a rejeté la plainte antitrust déposée par la Federal Trade Commission (FTC), estimant que l’entreprise ne détient pas de monopole sur le marché des médias sociaux.
La FTC avait accusé Meta d’avoir illégalement consolidé son pouvoir en acquérant Instagram en 2012 et WhatsApp en 2014, éliminant ainsi des concurrents potentiels. Le juge James Boasberg, du tribunal fédéral de district de Washington, a cependant estimé que Meta fait face à une concurrence suffisante de la part de plateformes comme TikTok et YouTube. Il a souligné que Facebook et Instagram ont considérablement évolué pour proposer des contenus similaires à TikTok, notamment des courtes vidéos recommandées par des algorithmes.
« Meta n’a pas de monopole sur le marché concerné », a déclaré le juge Boasberg, notant que les utilisateurs passent désormais moins de temps sur Facebook à consulter les publications de leurs amis (17 %) et davantage à regarder des vidéos courtes (Reels) recommandées par l’intelligence artificielle. Il a ajouté que Facebook, Instagram, TikTok et YouTube sont désormais perçus par les utilisateurs comme des alternatives les unes aux autres.
Cette décision est un revers pour les autorités de la concurrence américaines, qui ont lancé plusieurs actions en justice contre les grandes entreprises technologiques ces dernières années, avec des résultats variables. Récemment, en septembre, un autre juge américain a rejeté la tentative du gouvernement de démanteler Google, estimant que le géant des moteurs de recherche n’opérait pas illégalement en tant que monopole.
Parallèlement, Meta est confronté à des difficultés en Europe. Un tribunal de Madrid a condamné l’entreprise à verser plus de 542 millions d’euros (environ 585 millions de dollars américains) à plus de 80 journaux locaux, membres de l’Association des Médias d’Information, pour avoir obtenu un « avantage concurrentiel significatif » en utilisant les données de millions d’utilisateurs à des fins de publicité ciblée, sans leur consentement et en violation du Règlement Général sur la Protection des Données (RGPD).
Selon le jugement, qui peut faire l’objet d’un appel, Meta a procédé à un « traitement illégal » de la base de données des utilisateurs en Espagne, exploitant des pratiques de profilage de masse pour le marketing ciblé entre 2018 et 2023. L’entreprise aurait ainsi bénéficié d’un avantage que les médias ibériques « ne pouvaient pas égaler ». Le montant de l’indemnisation, comprenant 479 millions d’euros plus 60 millions d’intérêts légaux, sera réparti entre 87 éditeurs de journaux espagnols, d’agences en ligne et de presse, dont El País, La Vanguardia, Marca, El Mundo, les médias du groupe Vocento et l’agence Europa Press.
Meta a défendu son utilisation d’algorithmes pour rendre les publicités pertinentes, mais le juge a souligné que l’entreprise « n’a pas fourni au tribunal de rapports sur son activité en Espagne ».
