Publié le 19 décembre 2024. Une commission mixte paritaire réunissant des députés et des sénateurs entame ce vendredi des discussions cruciales pour tenter de trouver un compromis sur le projet de loi de finances pour 2026, dont l’adoption reste incertaine.
Le sort du budget de l’État pour 2026 se joue à partir de ce vendredi matin. Sept députés et sept sénateurs, accompagnés de leurs suppléants, s’enferment à huis clos au sein d’une commission mixte paritaire (CMP) pour tenter de concilier les positions divergentes des deux chambres du Parlement. L’objectif : parvenir à un texte qui puisse être validé par l’Assemblée nationale et le Sénat.
La CMP est un moment clé de la semaine parlementaire. Pour que le projet de loi de finances (PLF) soit adopté, le gouvernement devra composer avec une situation politique délicate, nécessitant l’abstention de plusieurs groupes, notamment les socialistes et les écologistes.
Une majorité complexe à rassembler
La commission est composée de quatorze parlementaires “titulaires”, représentant l’ensemble des groupes politiques en fonction de leur poids numérique à l’Assemblée nationale et au Sénat. Huit d’entre eux sont issus de l’ancien “socle commun” gouvernemental.
- Bloc central (anciennement majorité présidentielle) : Paul Midy (Ensemble pour la République), Félicie Gérard (Horizons), qui pourrait être remplacée par Jean-Paul Matthieu (Les Démocrates) si les travaux s’étendent au samedi, et Emmanuel Capus (Horizons, groupe Les Indépendants – République et Territoires).
- Droite et centre : Philippe Juvin (Droite républicaine), rapporteur général pour l’Assemblée nationale, Jean-François Husson (Les Républicains), rapporteur général pour le Sénat, Christine Lavarde (Les Républicains), Stéphane Sautarel (Les Républicains) et Michel Canévet (Alliance centriste, groupe Union centriste).
Trois parlementaires d’opposition sont fermement opposés au projet de loi : Jean-Philippe Tanguy et Mathias Renault (Rassemblement national), ainsi qu’Éric Coquerel (La France insoumise), président de la commission des finances de l’Assemblée nationale.
Enfin, trois autres députés et sénateurs d’opposition (Philippe Brun et Claude Raynal (Socialistes), ainsi que Thierry Cozic (Socialistes)) pourraient voter contre ou s’abstenir, en fonction des concessions obtenues lors des discussions.
Lecornu appelle à la coopération
À l’issue du Conseil des ministres du mercredi 17 décembre, la porte-parole du gouvernement, Maud Brégeon, a indiqué que le Premier ministre, Sébastien Lecornu, avait demandé aux ministres de “se plier en six pour faciliter les convergences” entre les députés et les sénateurs, dont les “approches sont encore très éloignées”. Scénarios possibles pour l’adoption du budget de l’État.
La tâche s’annonce ardue. Pour que le budget soit adopté au Palais-Bourbon, le gouvernement devra non seulement obtenir l’abstention des socialistes et des écologistes, mais aussi maintenir l’unité du bloc central (Ensemble pour la République, Les Démocrates, Horizons) et rallier le soutien des Républicains.
