Publié le 12 décembre 2025 à 13h40. La bande de Gaza, déjà dévastée par des mois de conflit, est frappée par une tempête hivernale d’une rare violence, aggravant la situation humanitaire catastrophique des centaines de milliers de personnes déplacées.
- Au moins huit personnes ont perdu la vie, dont trois enfants, et quatre autres sont portées disparues à la suite de l’effondrement de bâtiments et de tentes.
- Plus de 27 000 tentes ont été endommagées ou détruites par les inondations et les vents violents, laissant des milliers de personnes sans abri.
- Les organisations internationales dénoncent le refus d’Israël de laisser entrer des équipements lourds et des matériaux de renforcement, entravant les efforts de secours.
La tempête Byron a balayé la bande de Gaza, déjà fragilisée par plus de deux ans de destructions liées au conflit israélo-palestinien. Les pluies torrentielles, bien qu’ayant diminué en intensité, ont révélé l’ampleur des dégâts causés par les intempéries. Les autorités locales font état d’une situation humanitaire critique, avec des centaines de milliers de personnes vivant dans des conditions précaires, sous des tentes de fortune ou dans des bâtiments gravement endommagés – plus de 90 % des constructions de la région auraient subi des dommages ou seraient complètement détruites.
En l’espace de 24 heures, huit personnes ont trouvé la mort, dont trois enfants, et quatre autres sont toujours portées disparues. Les décès sont dus à l’effondrement de murs et de tentes, ainsi qu’à l’hypothermie. Au moins 13 habitations se sont effondrées. Les services de secours ont enregistré plus de 4 300 appels à l’aide et constatent que 27 000 tentes sont inutilisables, emportées par les eaux ou détruites par les vents violents.
Mahmud Basal, porte-parole de la Défense civile, a expliqué qu’un mur s’est effondré sur une famille et qu’un autre a détruit une tente. À Beit Lahiya, dans le nord de la bande de Gaza, quatre personnes sont ensevelies sous les décombres et les équipes de secours s’efforcent de les retrouver. Leur sort reste incertain.
La plus jeune victime de l’hypothermie est Hadil al Masri, une fillette de neuf ans décédée dans un centre d’hébergement pour personnes déplacées, selon des sources hospitalières. Quelques heures auparavant, un bébé, Taim al Jawaja, avait succombé à la même cause dans la capitale gazaouie. Ces décès s’ajoutent à celui de Rahaf Abu Jazar, un bébé de huit mois qui, selon sa mère, Hejar Abu Jazar, « est mort subitement de froid » pendant son sommeil, sans protection adéquate.
« Quand le vent se lève, nous tenons tous les piquets pour empêcher la tente de tomber »
Hani Ziara, père de famille réfugié
Cette catastrophe est directement liée à la politique du gouvernement de Benjamin Netanyahu, qui a pris la décision de rendre Gaza inhabitable, non seulement par des bombardements, mais aussi par des démolitions massives et des explosions contrôlées. Une destruction sans précédent depuis la Seconde Guerre mondiale. L’ONU estime qu’il manque 300 000 tentes, abris mobiles et caravanes pour répondre aux besoins de la population, et que les autorités israéliennes bloquent leur acheminement, malgré l’entrée en vigueur d’un cessez-le-feu en octobre. Les abris de fortune utilisés par les habitants de Gaza sont souvent constitués de matériaux de récupération, de morceaux de plastique et d’acier provenant des décombres.
L’Organisation internationale pour les migrations (OIM) a déploré le retard dans l’autorisation d’entrée de matériel de renforcement, tel que des panneaux de bois, du contreplaqué, des sacs de sable et des pompes à eau, essentiels pour lutter contre les inondations. La situation est particulièrement préoccupante pour les près de 795 000 personnes déplacées – plus d’un tiers de la population de Gaza – qui vivent dans des zones basses et jonchées de débris, augmentant considérablement le risque d’inondation en raison du manque d’évacuation des eaux ou de protections.
Rik Peeperkorn, responsable des opérations de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), a souligné lors d’une conférence téléphonique depuis Genève que la tempête Byron (et les conditions hivernales en général), combinées au manque d’eau potable et d’assainissement, entraîneront une augmentation des infections respiratoires aiguës, notamment la grippe, ainsi que des cas d’hépatite et de maladies diarrhéiques, rapporte l’agence Efe.
