Publié le 17 novembre 2025 22:22:00. Le Conseil de sécurité de l’ONU a adopté une résolution inspirée du plan de paix pour Gaza promu par l’ancien président américain Donald Trump, malgré les réserves de la Russie et de la Chine. Ce vote marque une étape potentielle, mais fragile, vers la stabilisation de la bande de Gaza et la relance des négociations israélo-palestiniennes.
- La résolution 2803 prévoit la création d’une Force de sécurité internationale (FSI) à Gaza, avec un mandat initial au moins jusqu’en décembre 2027.
- Les États-Unis, bien qu’ayant soutenu la résolution, ont exclu leur participation directe à la FSI, sous la pression de leur base conservatrice.
- Le texte ne précise pas comment le désarmement du Hamas, qui refuse de rendre les armes, sera mis en œuvre.
L’adoption de la résolution, par treize voix pour et deux abstentions, constitue un soutien diplomatique significatif pour Donald Trump et ses efforts de médiation. L’ancien président américain espère ainsi consolider son image d’artisan de la paix, une ambition qui, selon certains, pourrait le mener à recevoir le prix Nobel de la paix.
La nouvelle résolution et le plan américain initial en vingt points, annexé au texte, visent à sécuriser les frontières de Gaza avec Israël et l’Égypte. La FSI aura également pour mission de protéger les civils et de garantir l’accès aux couloirs humanitaires, tout en formant une future police palestinienne. Plusieurs pays ayant participé aux négociations du cessez-le-feu récent entre Israël et le Hamas, sous l’égide des États-Unis, du Qatar et de l’Égypte, ont manifesté leur intérêt à contribuer à cette force, à condition de disposer d’un mandat clair des Nations Unies.
L’absence de participation américaine à la FSI s’explique par les pressions internes auxquelles est confronté Donald Trump. Une partie de sa base électorale lui demande de se concentrer sur les enjeux nationaux et de réduire l’implication des États-Unis dans les conflits internationaux.
L’ambassadeur américain auprès de l’ONU, Michael Waltz, a salué l’adoption de la résolution, la qualifiant de « pas significatif vers une Gaza stable ». Il a insisté sur le large consensus autour du texte :
« Si la région la plus touchée, les nations arabes, les nations à majorité musulmane, les Palestiniens et les Israéliens peuvent accepter cette résolution, comment peut-on s’y opposer ? Il y a un vieux dicton chez moi : on ne peut pas être plus catholique que le Pape. »
Michael Waltz, ambassadeur américain auprès de l’ONU
Au-delà de la FSI, la résolution établit un cadre pour la création d’un nouveau gouvernement de transition à Gaza, supervisé par un « conseil de paix » chargé de la reconstruction de la bande.
Cette adoption intervient à la veille de la rencontre prévue à la Maison Blanche entre le président américain et le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane. Donald Trump espère obtenir l’adhésion de l’Arabie saoudite aux accords d’Abraham, qui visent à normaliser les relations entre Israël et les pays arabes. Cependant, Riyad conditionne toute avancée à l’établissement d’une feuille de route claire pour la création d’un État palestinien, une perspective que le plan de paix actuel ne propose pas. Israël, de son côté, s’oppose fermement à toute mesure allant dans ce sens.
Le texte de la résolution souligne que « les conditions d’une voie crédible vers l’autodétermination et un État palestinien pourront enfin être réunies » une fois que l’Autorité palestinienne aura achevé ses réformes et que la reconstruction de Gaza aura progressé. Il prévoit également que les États-Unis engageront un dialogue entre Israël et les Palestiniens afin de définir une perspective politique pour une coexistence pacifique et prospère.
