Publié le 2024-02-29 14:35:00. L’approche excessivement prudente de Natural England (NE), l’organisme public chargé de la protection de l’environnement en Angleterre, est de plus en plus critiquée pour son impact négatif sur les activités rurales établies, allant du tournage au contrôle des espèces nuisibles. Un rapport récent du National Audit Office (NAO) confirme les inquiétudes concernant un manque de données probantes et une réglementation incohérente.
- Le rapport du NAO révèle que Natural England privilégie souvent l’évitement des risques à la prise de décision basée sur des preuves scientifiques solides.
- L’organisme n’a pas évalué l’impact de sa réglementation depuis plusieurs années, et ses décisions sont parfois fondées sur des informations obsolètes ou génériques.
- Les gestionnaires de terres signalent des retards, des procédures rigides et un manque de communication, sapant la confiance dans le système.
Les activités rurales bien gérées, telles que le tournage, le contrôle des prédateurs, la gestion de l’habitat et le lâcher de gibier à plumes, se retrouvent de plus en plus entravées par les restrictions imposées par Natural England. La British Association for Shooting and Conservation (BASC) dénonce une approche qui compromet la contribution de ces activités à la conservation et à la gestion durable des terres. L’association a soumis des preuves détaillées au NAO lors de son examen.
Selon le rapport du NAO, le risque environnemental est souvent traité de manière absolue, où même un préjudice minime ou théorique suffit à justifier une interdiction. Cette approche, selon la BASC, conduit à des restrictions disproportionnées et affaiblit la responsabilisation en matière de résultats réglementaires.
Le NAO a également constaté que Natural England n’a pas évalué l’impact de son travail réglementaire depuis plusieurs années. Les décisions concernant les sites protégés sont parfois basées sur des données génériques ou obsolètes, plutôt que sur une surveillance spécifique et rigoureuse. La BASC a régulièrement alerté sur ces lacunes et leurs conséquences.
Au-delà du manque de données, le rapport met en évidence des problèmes opérationnels internes à Natural England. Les membres de la BASC signalent une application incohérente de la réglementation entre les différentes équipes, une perte d’expertise locale, des pénuries de compétences et une flexibilité limitée dans l’engagement avec les parties prenantes. Ces difficultés se traduisent par des retards, des procédures complexes et un manque de soutien pratique, créant un climat de méfiance.
Bien que Natural England affirme s’engager en faveur d’une réforme, la BASC estime que le rapport du NAO souligne l’ampleur des changements nécessaires. Sans une évolution vers une réglementation plus proportionnée et fondée sur des preuves solides, les problèmes identifiés risquent de persister et de continuer à affecter les activités rurales et la conservation de l’environnement.
