Le gouvernement du Québec et Hydro-Québec cherchent à conclure un accord avec la communauté innue de Pessamit. Ce pacte vise à régler des litiges historiques et à ouvrir la voie à de nouveaux projets hydroélectriques et éoliens sur la Côte-Nord.
Le règlement des litiges historiques de Pessamit

L’entente repose sur une volonté de solder des décennies de conflits territoriaux. Selon La Presse, près de 1,3 milliard de dollars seraient versés par l’État québécois et Hydro-Québec pour clore des disputes judiciaires. Les Innus de Pessamit accusent la société d’État d’exploiter le Nitassinan, leur territoire ancestral, sans leur accord depuis près de 70 ans, incluant la gestion de 13 centrales et 16 barrages sur une superficie de 252 km².
La structure financière du règlement est précise. Le gouvernement du Québec propose de verser 632 millions de dollars sur la prochaine décennie. De son côté, Hydro-Québec verserait 100 millions sur quatre ans. Par la suite, la société d’État verserait annuellement 12 millions pendant une période pouvant aller jusqu’à 45 ans — une somme qui serait indexée chaque année.
Nous n’avons jamais eu de compensation. Quand Hydro-Québec fait des profits, les milliards vont au gouvernement, qui en redistribue une partie aux municipalités. Notre conseil n’est pas une municipalité. Nous avons été exclus des redevances pendant des décennies.
René Simon, chef du Conseil des Innus de Pessamit, via La Presse
Le conseil de bande promet 7 milliards de dollars en retombées économiques si le projet d’entente est accepté, bien que Radio-Canada précise que ce chiffre n’apparaît pas tel quel dans le projet d’entente, car il dépend de variables futures.
Le projet Bersimis-1-A et l’expansion énergétique

Hydro-Québec cherche à presque doubler sa production d’énergie d’ici 25 ans. La société d’État prévoit l’ajout de 8 000 à 9 000 MW à son réseau d’ici 2035.
L’accord avec Pessamit est la clé de voûte de cette stratégie sur la Côte-Nord. Le projet prévoit la construction d’une nouvelle centrale, Bersimis-1-A, située à 5 km en amont de la centrale Bersimis-1 et alimentée par le réservoir Pipmuacan. Selon Radio-Canada, cette installation pourrait fournir entre 1 000 et 2 000 MW.
L’expansion ne s’arrête pas à l’hydroélectricité. La Presse rapporte que l’entente inclut également 3 000 MW d’énergie éolienne, en plus du renforcement d’une ligne de transport.
| Projet potentiel | Puissance estimée | Impact / Détails |
|---|---|---|
| Centrale Bersimis-1-A | 1 000 à 2 000 MW | Alimentée par le réservoir Pipmuacan |
| Éolien (Pessamit) | 3 000 MW | Inclus dans le pacte global |
| Éolien (Nutashkuan) | 2 500 MW | Ouverture via entente de 20 millions $ |
| Projets fleuve Churchill | 3 900 MW | Sujet à entente avec Terre-Neuve |
Une stratégie globale de réconciliation avec les Premières Nations
L’entente avec Pessamit s’inscrit dans un mouvement plus large. Le 5 juillet 2026, la PDG d’Hydro-Québec, Claudine Bouchard, a signé un accord de 75 millions de dollars sur deux ans avec les Innus d’Uashat. Selon Ma Côte-Nord, ce pacte règle les différends passés en lien avec les dossiers de la Romaine et la ligne Arnaud-Alouette.
Pour les projets futurs, comme Bersimis-1-A, la communauté de Pessamit pourrait recevoir minimalement 2,5 millions $ par an sur 50 ans, un montant qui serait indexé et ajusté à la puissance de la centrale.
Cependant, le chemin vers la collaboration reste fragile. L’été dernier, le pacte de 87 millions conclu entre Hydro-Québec et les Innus du Labrador n’est pas entré en vigueur parce que le référendum local n’avait pas atteint le taux de participation minimal de 50 %. Plus récemment, en juin, un référendum a été reporté après un féminicide dans les communautés de Sheshatshiu et de Mushuau.
Les étapes critiques avant la mise en œuvre
L’accord doit franchir deux étapes administratives et démocratiques majeures :
- L’aval politique : Le Conseil des ministres doit donner son aval à l’entente.
- Le vote populaire : Un référendum est prévu ce dimanche auprès de la communauté de quelque 4 000 membres.
Le succès de ce vote est crucial. Le chef René Simon a qualifié cette entente d’occasion unique qui pourrait ne pas se représenter.
L’avenir énergétique du Québec dépend désormais de la capacité du gouvernement et de la société d’État à transformer ces compensations financières en une confiance durable, capable de supporter des mégaprojets comme ceux du fleuve Churchill, où 3 900 MW supplémentaires s’ajouteront au réseau si Québec finit par s’entendre avec le nouveau gouvernement conservateur de Terre-Neuve.
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