Publié le 22 décembre 2025 à 18h08. L’Arabie saoudite a atteint un niveau record d’exécutions en 2025, suscitant l’inquiétude des organisations de défense des droits de l’homme face à une répression accrue, notamment pour des infractions liées à la drogue.
- L’Arabie saoudite a enregistré 347 exécutions en 2025, dépassant le précédent record de 2024.
- 69 % des exécutions concernent des crimes liés à la drogue, avec une augmentation alarmante des condamnations pour trafic de cannabis.
- Plus de la moitié des personnes exécutées (57 %) étaient des ressortissants étrangers.
L’Arabie saoudite a franchi un cap alarmant en matière de peines capitales en 2025, avec 347 exécutions documentées, selon l’Organisation européenne saoudienne des droits de l’homme (ESOHR), une ONG opérant depuis l’exil. Ce chiffre dépasse de deux unités le record établi en 2024, qui était jusqu’alors l’année la plus noire en termes d’exécutions.
La grande majorité des condamnations à mort (69 %, soit 238 personnes) sont liées à des affaires de drogue. L’ESOHR alerte sur une augmentation “sans précédent” des exécutions pour des délits impliquant le cannabis, avec 97 personnes exécutées pour ce type d’infraction, contre seulement 15 en 2024. Cette intensification de la lutte contre le trafic de drogue, considérée comme un fléau majeur par les autorités saoudiennes, s’explique par la forte demande intérieure, le pouvoir d’achat élevé du marché et la position géographique stratégique du royaume, qui en font une destination privilégiée pour les réseaux de trafic internationaux.
La législation saoudienne prévoit la peine de mort pour les crimes liés aux stupéfiants, qualifiés de “peine la plus sévère”. La loi considère comme “contrebandier” toute personne impliquée dans l’importation, la réception ou la distribution de drogues. Une distinction est toutefois faite entre les primo-délinquants, qui encourent des peines d’emprisonnement, de flagellation ou d’amendes, et les récidivistes, pour lesquels la peine capitale est encourue.
Le pays avait repris les exécutions pour crimes liés à la drogue en novembre 2022, après une suspension de près de trois ans et l’annulation d’un moratoire annoncé en 2021 par la Commission saoudienne des droits de l’homme.
Le rapport de l’ESOHR souligne également la “persécution croissante des étrangers”, qui représentaient 57 % des personnes exécutées en 2025 (202 cas). 94 % de ces étrangers ont été reconnus coupables de délits liés au trafic de drogue. L’organisation a également documenté l’exécution de deux personnes qui avaient commis leurs crimes alors qu’elles étaient mineures.
L’ESOHR rappelle que le prince héritier et dirigeant de facto du pays, Mohammed ben Salmane, avait déclaré en 2018 son intention de réduire considérablement le nombre d’exécutions.
Pour l’ONG, ce nouveau record “reflète non seulement l’effondrement du discours sur la réforme des droits de l’homme, mais confirme également la persistance du recours à l’exécution comme châtiment, qui affecte souvent les groupes les plus vulnérables, en contradiction fondamentale avec les déclarations et les engagements pris ces dernières années”.
L’organisation précise que les chiffres officiels pourraient ne pas refléter le nombre réel d’exécutions, en raison d’un “manque de transparence et de la possibilité que des condamnations soient exécutées sans préavis, dans un contexte de pratiques répressives allant de la torture au déni du droit des familles aux adieux et à l’enterrement”. Bien que la majorité des exécutions soient annoncées par le biais de communiqués du Bureau à domicile, certaines ne sont pas rendues publiques.
(Avec informations de l’EFE)
